Queens Of The Stone Age – … Like Clockwork

Queens of The Stone Age avait engendré bien des perplexes avec Era Vulgaris. L’album sonnait le glas du stoner pour de longues plages électriques envoûtantes, parfois glauques et noyait le poisson avec deux tubes pour les radios : Sick, Sick, Sick et Make It With Chu. A sa sortie les constats tournaient courts mais aujourd’hui, il a perdu ce statut d’incompris de la disco pour être totalement accepté. Cinq ans plus tard, on ne sait pas à quoi s’attendre. Josh Homme n’a pas chômé avec une tournée l’an dernier pour célébrer le premier album du groupe et les Them Crooked Vultures en 2010. … Like Clockwork était censé être comme courir dans un rêve . Maintenant que l’heure du leak a sonné et que nous pouvons enfin y plonger nos oreilles, qu’en est-il ?

La majorité des compositions nous renvoie dans la foulée de l’album précédent avec une atmosphère assez lourde teintée parfois du classic rock dont pouvait s’inspirer TCV. Le changement de batteur n’est pas encore palpable puisque si Joey Castillo a quitté le groupe, il est remplacé par Dave Grohl pour une grande partie des percussions. Tout comme sur Era Vulgaris avec Trent Reznor et Shirley Manson, les voix des guests sont à peine décelables et on offre déjà un bon point aux sorciers qui réussiront à entendre ce bon vieux Elton dans les parages. Encore une fois, la pub sur les featurings n’était qu’un moyen de faire monter la sauce et on ne va pas s’en plaindre : on n’attend pas 5 ans un album des Queens pour rien et on n’était pas là pour entendre la Compagnie Créole claquer des feats.

Jamais l’ambiance n’a été aussi posée et on peut être sûr qu’un jour prochain Homme se prêtera à l’exercice de l’album solo au vu des nombreux couplets où le grand rouquin se retrouve seul derrière son micro. Lui, qui repoussait d’un revers de manche les questions de la sorte en interview ne pourra plus jouer les timides très longtemps… Premièrement déroutant, on peut regretter ce manque d’énergie et même d’inspiration comme dans la redondante …Like Clockwork. Cet album n’est pas à embrasser dans sa totalité, quelques passages dérangent et il est difficile d’en faire abstraction. Par exemple, la trop old-school et fatigante Fairweather Friends n’attire pas nos faveurs et n’a pas su tirer profit de Them Crooked Vultures… Sur les compositions, l’accent a été porté sur le groove et la longueur. A l’arrivée, les morceaux sont multiples et c’est ce qui fait peut-être qu’on a parfois du mal à les aimer dans leur entièreté. Le mid-tempo est aussi de rigueur avec une propension à ralentir la cadence, Kalopsia et l’éponyme sont tant d’exemples où les QOTSA n’ont jamais eu le pied aussi longtemps sur le frein… Smooth Sailing et I Appear Missing ressortent du lot. L’une grâce à son swing et l’autre avec sa structure en deux parties, noire et cinématographique sont définitivement les morceaux à retenir d’un ensemble un poil trop court.

Nous ne faisons pas partie de ceux qui cracheront sur ce disque et qui le remiseront au placard mais il marque toutefois un coup de mou notable dans la discographie autant en termes de rythme qu’en qualité. Ce constat émane d’un fan invétéré du groupe donc je vous laisse goûter la variété des réactions mais au vu de ses parti-pris, il y a fort à parier que la réception de … Like Clockwork soit plus que mitigé. Malheureusement, nombreux seront ceux à abandonner rapidement l’album et à le classer dans les déceptions. Pourtant avec les écoutes, il dévoile son potentiel et une richesse de composition qui excuse la baisse de tempo. Au vu des récentes vidéos, le groupe n’a jamais semblé aussi efficace et percutant en live avec en bonus l’excellent John Theodore, diabolique derrière les fûts des Mars Volta et tout aussi bon dans ses breaks ici. La conclusion est donc facile mais plus que jamais d’actualité pour cet album : laissez-lui du temps, écoutez-le une dizaine de fois avant de vous forger un avis définitif et vous verrez que les QOTSA sont loin d’être morts comme certains ont pu le crier en 140 caractères dès sa sortie… Une remarque supplémentaire, on vous invite à regarder le très beau travail de Boniface, l’illustrateur embauché pour les artworks et les clips qui sied parfaitement à l’univers de l’album.

Si tu cherches un coin tranquille où pousser la chansonette, tu peux venir chez Visual Josh, ici on aime les rouquins aux voix aïgues et on attend ton passage au Trianon avec le pantalon serré à l’entrejambe.