Le voilà ! Le successeur de ‘Human Bomb‘ est dans les bacs ! Après 3 ans d’absence, Black Bomb A nous revient enfin avec un nouvel album ! Et durant ces trois ans, le groupe est loin d’avoir chômé et le passage par la case ANPE n’a pas été nécessaire : tournées Sriracha 2 et 3 ainsi qu’une multitude de dates, sortie d’un double digipack regroupant leurs 2 premiers efforts, et changements de booking et de label (Sriracha et M10 laissant leur place à Enragés Prod’). Mais le changement le plus radical se fit au niveau du line-up : Frank et Djag furent respectivement remplacés par Hervé, pieuvre marteleuse de Loudblast, et Arnaud, chanteur à ses heures perdues (et les non perdues aussi) de No Flag. Le départ de Jag, pilier du groupe depuis sa formation en 1994, fut source d’appréhension quant au nouveau son (ou du moins nouveau chant) qu’allait avoir le groupe, et c’est on ne peut plus normal. Mais nous verrons au cours de ces 12 titres que l’on n’avait aucunement à s’inquiéter !

Double‘ débute. Et ça a de quoi perturber les fans de la première heure ! Les 3 premières notes nous font même très très peur car elles nous rappellent fortement l’intro de ‘Divine Excuse‘ de Pley-kyo. Mais une fois ces 7 secondes passées, on retrouve le vrai Black Bomb A : les riffs incisifs, les cris stridents de Poun, et une batterie très appuyée. Je me demande même si cette ‘intro’ n’est pas là pour montrer à ‘d’autres‘ ce qu’on peut faire de ces 3 notes… En tout cas, la puissance est là ! Les guitares sont lourdes, voire grasses même, les tempos passent du simple au quadruple en 2 temps 3 roulements, et la basse se laisse entendre, même si son niveau de présence est revu à la baisse comparé à ‘Human Bomb‘. Derrière les fûts, Hervé tape juste ce qu’il faut pour rendre les compos jumpantes à souhait. On est loin des défis techniques qu’il se permet dans Loudblast, mais il apporte toute son expérience et sa justesse au groupe qui n’en sort que grandi.

No One Knows‘, qui très loin d’être la ballade de Queens of the Stone Age, passe de riffs punk à un refrain plus alourdi. Ce contraste entre passages bourrins et riffs plus calmes sera présent tout le long de l’album. Sans doute pour s’accorder sur le nouveau duo de chants.

Niveau chant justement, il va falloir un temps d’adaptation aux fans de la bombe humaine pour apprécier cet album à juste titre : la voix d’Arnaud, bien que très complémentaire avec celle de Poun, n’est pas aussi adaptée que celle de Jag pour les crossovers qui se font pour le coup moins fréquents. Dommage aussi qu’Arnaud ne fasse pratiquement que hurler avec sa voix d’ogre. On aurait aimé un peu plus de parties chantées comme il le fait si bien dans No Flag. Ici, c’est notre hurleur blond platine qui se chargera des parties calmes. Poun a incroyablement progressé sur les chants mélodiques (‘Burn‘, ‘Look at the Pain‘, ‘Reject for me‘, ‘Madmen‘…). Sa voix est lisse, douce, et on a du mal à croire que c’est la même personne qui chante ces refrains et lance ces cris aigus qui froissent plus d’un tympan sur les couplets.

Les passages hardcore au tempo très élevé n’ont pas été mis de coté pour autant, comme en témoignent ‘Legalize me‘ ou encore ‘Fine Talkers‘ dans leur intégralité. Du pure Black Bomb A. A coté de ça, le groupe s’autorise quelques écarts. Comme ‘Madmen‘ et ses riffs tribaux amenés par Max de Boost, ‘New Wars‘ dont l’intro aurait pu être composée par Watcha, ou encore ‘Shoot at the Gossip‘ dont les riffs sonnent plus thrash que d’habitude. Certains titres se démarquent quant à eux par leur texte. ‘Burn‘ est une chanson dédiée à notre ‘hypnotic, narcotic‘ tube cathodique. Tout est dit. Musicalement, c’est plus lourd, plus posé, et l’ambiance qui en ressort colle parfaitement au texte criant de vérités. ‘Mary‘ n’est pas en reste. Ici, le groupe parle de leur très chère amie Mary, ‘Juana’ de son nom. Quoi de plus normal pour un groupe nommé Black Bomb A… Mais même si le pont parlé sur un ton de manifestation est amusant lors des premières écoutes, il devient vite lassant. Dommage. ‘Who Fucks Who ?‘ conclura parfaitement l’album avec une intro tout à la basse, et un riff punk des plus joyeux.

On terminera en parlant du travail de production phénoménal apporté une nouvelle fois par Stéphane Buriez, qui donne à l’album toute la puissance dont il avait besoin. Un petit bémol tout de même sur la stéréo qui n’est utilisé qu’une fois (dans ‘Who Fucks Who ?‘), alors qu’elle aurait pu être un énorme plus pour accentuer le double chant.

Même si ‘Speech of Freedom‘ nécessite beaucoup d’attention durant les premières écoutes pour nous montrer le nouveau visage de Black Bomb A, il n’en reste pas moins une véritable bombe auditive qu’il faut absolument posséder ! Black Bomb A a changé, et fait désormais parti des valeurs sur de notre cher métal hexagonal. Cet album est sans aucun doute la pièce du puzzle qu’il manquait au groupe pour partir à l’assaut des scènes européennes et internationales. Mais avant ça, il ne faudra pas négliger la tournée française qui à coup(s) sûr(s) (le pluriel pour ceux qu’on va prendre dans la tronche…), va faire très très mal !