En ayant fini avec leurs passades atmosphériques et pop, Sigur Ros a décidé pour son rapide retour de jouer sur plus d’agressivité.
Cet album pourrait s’apparenter à un retour aux sources du désormais trio, rappelant Með suð í eyrum við spilum endalaust, Takk et (), les islandais ont visiblement du vouloir tirer un trait sur leurs derniers opus.

Amputée de 2 membres, leur musique se fait aider par des sons électros qui rajoutent une nouvelle dimension à leur son.
Brennisteinn, titre qui ouvre l’album, et Kveikur, marquent une différence de sons et d’ambiance par rapport à ce qu’ils faisaient précédemment. Immédiates et entêtantes, les guitares se font stridentes, des sonorités plus sombres, voire agressives sont omniprésentes, sans oublier les mélodies de Jonsi, qui résonnent en opposition de la musique.
Alors que ce regain de nouveauté est très agréable, et s’écoute assez bien, certains morceaux ne sont pas aussi immédiats et nécessiteront plusieurs écoutes pour se faire apprécier (Hrafntinna et Stormur).
D’autres par-contre démarrent mal et se rattrapent tardivement (Rafstraumur).
Sur l’ensemble, il y a cette impression que certains morceaux se laissent piloter, sonnent vides (Isjaki), que le morceau fait du sur place (Bláprádur), ou reste une boucle allongée sur plusieurs minutes (Yfirbord). Var, qui termine l’album, semble être le dernier souvenir de Valtari, sans artifice et dernier rappel que l’émotion n’a pas toujours besoin d’une voix.

Alors que certains sont plus qu’aboutis, il manque ce petit truc en plus qui fait la différence entre Sigur Ros et un groupe chantant en yaourt. Ils apparaissent trop souvent en manque d’inspiration pour un album qui aurait nécessité plus de temps, le temps de laisser aboutir les bonnes idées qu’il contient.