Interrogé sur le sujet à la sortie d »Oceania‘, Billy Corgan est comme souvent tout sauf dupe : « bien sûr que j’ai écrit plus de grandes chansons entre 93 et 98 que ces 15 dernières années… mais ça ne veut pas dire que je ne peux plus en écrire ». Le cas Black Francis s’en approche et il est finalement malin dans l’approche, plutôt que de sortir un album et de braquer les spotlights sur la cruelle compétition qui l’oppose à la version de lui quand il était génial (période 87-93), il sort sous le nom Pixies des Ep 4 titres sans tambour ni trombone que beaucoup écouteront histoire de se convaincre que c’était mieux avant (ça l’était). Oui c’est courageux de tenter de faire revivre les Pixies autrement qu’en jukebox, non ce n’est pas réussi. Sur ce EP2, les trois lutins sonnent hard rock en jouant des riffs patauds sans saveur très AC/DC (‘Blue eyed hexe‘), sauvés ici et là par une mélodie un peu entêtante (‘Greens and blues‘). L’orientation très hard rock -on pense aux fameux hardos dont regorgent tous les collèges- tranche évidemment avec le groupe tel qu’on l’aime et le vénère, celui qui même dans ses moments les plus lourds (‘Velouria‘, ‘The Sad Punk‘) sonnait aérien, très haut au dessus des autres, avec ce chanteur qui terrifiait lorsqu’il hurlait sans raison (‘Tame‘) alors qu’aujourd’hui on entend tonton Charles jouer au rockeur. Un EP3 est annoncé pour cette année -placés bout à bout on tiendra la suite de ‘Trompe le monde‘- et si l’on salue l’initiative, on imagine que cette suite discographique restera dans les annales comme ces albums des Zombies ou de Big Star dans les années 90-2000 : ces disques embarrassants sur lesquels on ferme les yeux.