Limb était un groupe prometteur. Après une demo, un EP et un split, les londoniens se posaient comme un groupe de doom/sludge relativement classique avec une petite touche personnelle qui leur valait la mention ‘à surveiller’. Puis les premiers extraits du futur album sont arrivés, révélant un son massif et diablement efficace, qui a rapidement chassé toute forme de doute s’il en restait encore.

Limb c’est du doom catchy. Si les riffs sabbathesques associés à un beuglement sludgisant peuvent les faire passer à l’oreille du profane pour un de ces groupes qui compensent leur manque d’originalité par un son toujours plus dégueulasse, sachez qu’il n’en est rien. Parce que si leur musique a certainement des accents connus, elle révèle en réalité une incroyable variété de style entre chaque morceau, passant d’un genre à l’autre sans jamais remettre en question la cohérence de l’ensemble. Une variété particulièrement représentée par les variations du chant de Rob Hoey, qui passe du guttural profond sur ‘Twelve Ghosts‘ et ‘Daemoness‘ à la lamentation d”Eternal Psalm, Pt 1‘ rappelant Electric Wizard et consorts, pour aller jusqu’au scream clairement typé hardcore d’un ‘Never Speak Ill Of The Dead‘ que ne renieraient pas Cancer Bats et leurs potes.

On remarquera également la courte durée des morceaux, dont un seul dépasse la barre des cinq minutes. Dans un corps de métier où la norme est à la chanson de plus de six minutes, eux choisissent de diviser leur ‘Eternal Psalm‘ en deux parties de trois minutes. Un album de trente-trois minutes en tout ça fait court, si court qu’après une première écoute on se sent obligé d’en lancer une deuxième, puis une troisième, avant de se rendre compte qu’ils nous ont eu.
La référence à l’âge de la mort de Jésus est peut être involontaire, mais on peut dire que de ce côté-là l’album a des histoires à raconter : la folie d’Agrippine, le passage du chemin de fer sur l’Autel des Douze Dieux de l’Acropole et Vathek de Beckford auquel l’artwork fait référence.

Limb a tout ce qu’il faut pour conquérir le monde. Peut-être n’y arrive ont-ils pas, parce que le monde est rarement logique, mais c’est tout le mal qu’on leur souhaite.