Parfois, un album arrive à vous surprendre et ce dès la première écoute. Le plus drôle, c’est que la surprise vient de quelqu’un qui n’est pas un inconnu. Mac Demarco signe déjà à 23 ans son troisième skeud, l’air de ne pas y toucher. Vu deux fois l’an dernier en concert, le bonhomme me plait par ses compos courtes et chatoyantes. Moins en live où il passe plus de temps à faire des blagues et des covers pourries au lieu de chanter ses morceaux. A l’heure du passage en studio, l’ami Mac n’a visiblement pas passé son temps à jouer avec son caca. Non, Salad Days est une de ces galettes qu’on aime à se repasser inlassablement. Il sent bon l’été et la légèreté, du moins en apparence. Le canadien se plaît à raconter sa vie, entre sa meuf, sa mère et son frère et le tout toujours en moins de 3 minutes et avec quelques pointes de mélancolie quasi-palpable par exemple sur ‘Brothers‘. Le morceau de bravoure, parmi tant d’autres, restera ‘Passing Out Pieces‘ dans un album qui coule tout seul. Le pire dans cette histoire, c’est qu’on ne sait pas vraiment pourquoi cet album est meilleur que les précédents. Peut-être que son auteur prend la chose plus au sérieux, peut-être est-ce une histoire de timing mais qu’il est bon de l’écouter en repeat avec le même plaisir intact et une sensation de voyage assez rare. On aime à se perdre dans ces histoires courtes, pops et tellement bien troussées.

Pour évoquer un chanteur du même registre, c’est comme si Mac Demarco avait condensé le Walking on a pretty day de Kurt Vile de l’année dernière pour n’en garder que le meilleur. Une version courte qui devrait être bien haut dans tous les classements de fin d’année et c’est mérité. Comme Mac, pas la peine d’en dire beaucoup plus pour essayer de vous convaincre d’écouter d’ores et déjà l’un des immanquables de 2014.