Jackhammer est un groupe qui s’adresse à tous les amoureux du gras. Si vous êtes adepte de tout ce qui est allégé vous pouvez déjà faire demi-tour, parce qu’on est ici bien loin des 0%. Pour autant, parce que je vous vois venir, le gras n’est pas forcément synonyme de simplicité ou d’uniformité et il sera possible, pour qui sait en saisir les subtilités, de distinguer plus de cinquante nuances de gras.

Avec ce premier EP, Jackhammer se présente à nous tel un fier producteur local armé de son couteau et de sa planche à découper, prêt à conquérir nos papilles grâce à cinq échantillons. Nous le saluons donc et, après l’avoir complimenté sur sa moustache, entamons la dégustation.

Le single ‘No Place For Reason‘ ouvre les hostilités avec un riff à l’efficacité incontestable qui n’est pas sans rappeler ce que fait aujourd’hui Orange Goblin. Un bout de rock n’ roll assez burné qui donne le ton dès les premières secondes et promet des lives intéressants.
Fort de cette savoureuse première impression, le groupe enchaîne avec ‘Serial Fucker‘, qui nous donne à voir une face bien plus sombre du marteau de Jacques. Le gras devient boueux sur ce morceau sludgisant au son pesant et au chant clairement orienté hardcore. La saleté leur va très bien et on espère retrouver ce type de son sur leurs prochains efforts.
La ‘Lady Rider‘ s’aventure au-delà du dark side of the gras, celui qui dégouline sur le menton et qui finit par écoeurer. Les lady riders ressemblent peut être à des mannequins dans Sons Of Anarchy, mais ici on pense plutôt à la mère Jackie qu’on voit passer le dimanche sur l’autoroute. Beaucoup de cuir mais la fesse molle.
Heureusement l’écoeurement ne dure pas et après un rapide lavement on est de retour en selle pour apprécier ‘Swindle‘ qui assure la caution trippance et cassage de nuques. Le marteau piqueur attaque lentement mais surement les différentes couches de crâne pour finalement toucher le nerf trippant à la troisième minute, ce afin de parvenir à une destruction cervicale d’autant plus intense.
Enfin, ‘Human‘ se propose de faire la synthèse de l’EP pour les quelques fragiles d’estomac qui seraient sortis de table au milieu du repas. Une première partie qui alterne lourdeur et poésie façon gras corps malade, pour laisser la place à une seconde partie associant parfaitement le rock n’ roll du premier échantillon au sludge du deuxième.

En cinq titres Jackhammer nous met en appétit et on attend maintenant une dégustation live et un album qui développera surement les différentes saveurs entraperçues ici.