14 ans déjà…14 longues années que les bouchers du démon sévissent sur cette terre sous le nom de Cannibal Corpse. 14 années et 12 albums tous plus sanglants les uns que les autres, du désormais mythique ‘Eaten Back To Life‘ jusqu’au treizième qui arrive en ce jour entre nos mains. 13, signe prophétique de l’apocalypse diront certains, ‘The Wretched Spawn‘, avec ses 13 titres, s’il n’est peut-être pas annonciateur de l’armageddon n’en est pas moins une preuve irréfutable du fait que ces piliers du death, parmi les fondateurs du plus que controversé gore métal que sont Cannibal Corpse n’ont rien perdu de leur cruauté et de leur puissance. Bon, on va arrêter là le côté biblique imagé de la chose pour s’intéresser au contenu lui-même…

En effet, apparemment, le fait que leurs albums soient successivement presque tous interdits dans de nombreux pays tout comme leurs prestations scéniques n’a pas calmé ces 5 psychopathes, ces obsédés de la violence, puisqu’ils récidivent une fois de plus avec le talent qui leur est propre. Quoi de neuf pour ce ‘The Wretched Spawn‘ alors ? Oui car la question pour ce genre de groupe au bout de tant d’années d’existence reste ‘comment continuer d’exister sans se répéter et lasser ?’ De ce côté là apparemment aucun problème, puisque si elle reste totalement fidèle à ses origines, leur musique sait évoluer, et que dans le bon sens : en plus de la guitare rythmique toujours aussi incroyablement rapide et précise de Jack Owen se sont ajoutés des emprunts à d’autres styles comme dans ‘Cyanide Assassin‘ qui bascule dans des passages purement grind deci-delà, avec une batterie hachée presque non-rythmique, ce qui est plutôt rare chez Cannibal Corpse. Mais des titres à la lenteur oppressante et aux riffs stagnants sont toujours présents avec une double qui sait se faire plus calme durant quelques minutes, comme dans ‘Festering In The Crypt‘. La voix du ‘Corpsegrinder’, comme il aime s’appeler, demeure la même depuis toutes ces années : infatigablement gutturale et enragée, ni caricaturalement death, ni ridiculement heavy. Comme il faut, quand il faut, elle écorche des lyrics dont le contenu ne laissera aucune surprise aux fanatiques du genre, mais toujours aussi inventives. Entre ‘Smash his scrotum‘ et ‘Elbows bend and pop‘, on a de quoi s’amuser. Cependant à ne pas laisser aux mains d’âmes sensibles.

Un mot sur l’édition limitée dans laquelle figure un DVD, qu’au lieu d’appeler making-of on aurait très bien pu surnommer le casseur de mythe. En effet, on se rappelle très bien de la VHS sortie par Cannibal Corpse, ‘Monolith Of Death‘,dont on attendait qu’il cause la polémique du siècle et qui, en fait, n’avait été qu’un ramassis de lives médiocres et autres pitreries méritant à peine leur tampon ‘Parental Advisory‘. Et bien inutile d’espérer que ce DVD rattrape le coup, puisqu’à part les quelques démonstrations j’me-la-pètesques de ces 5 compères qui, il faut l’avouer, maîtrisent leurs instruments à merveille, il ne contient que quelques séquences tirées de leur vie quotidienne au studio. Alors entre le moment où Jack nous explique pourquoi il a un bouquin de massage thaïlandais dans sa chambre à côté de ses cd de Johnny Cash, et la séquence où 2 d’entre eux veulent faire les durs avec des armes à feu dont ils n’arrivent pas à enclencher la sécurité, on a le temps de perdre toute image psychotique et névrosée de ce groupe. Dommage, surtout qu’on ne peut plus s’empêcher d’y penser durant l’écoute de leur musique par la suite. A ne surtout pas visionner.

Au final, encore un bon album dans le tableau de chasse de ce grand groupe ! L’édition limitée n’est malheureusement d’aucune utilité, si ce n’est celle de pièce supplémentaire dans la collection des nombreux fanatiques. Apparemment, on peut encore leur faire confiance pour quelques années à ces 5 là. Allez ! On lève l’index et l’auriculaire et on bouge la tête !