Qualifiés d’emblée comme étant un croisement entre Luke et Noir Désir, mené par un Milka (chanteur de Psykup) apaisé, les quatre Toulousains d’Agora Fidelio distillent méticuleusement et de manière calculée les notes d »Altitude Zero‘. Un son pop rock, ‘Lo-Fi / Cycli / Noise‘ (dixit eux-mêmes) qui ne dit pas grand chose sur papier mais qui suffira à définir le groupe à l’écoute de cet album, sans oublier ‘aquatique‘.

Dès les premières notes marquantes de ‘De La Route A Faire‘, on se sent apaisé, presque flottant, et ce accompagné du chant juste de Milka. Parfois, la guitare de Jouch (leader du groupe Naive) monte d’un ton, donnant à ce titre puissance sans en altérer la sobriété. Et des montées en pic comme ça, Agora Fidelio semble les adorer, la preuve la plus flagrante étant ‘Si Tu Savais Comme…‘, introduite par une lecture à haute voix apaisante; sorte de poussée d’adrénaline strictement croissante, jusqu’à atteindre le nirvana total où les sons, les instruments, les voix se croisent. On est en pleine orgie sonore et les boyaux se resserrent.

Tout cela, sans oublier des titres encore plus posés où un hautbois donnera la ligne conductrice à ‘L’eau Qui Dort‘ ou ‘La Soif‘, sorte de titre métal croisé aux influences orientales grâce aux cordes vocales de Bérengère (de Leiden). Et si le tout s’accélère soudainement le temps de quelques mélodies accrocheuses aux refrains bien placés, c’est surtout dans les titres calmes qu’Agora Fidelio prend toute son ampleur. ‘Les Equilibristes‘, piste instrumentale, est sûrement l’un des titres les plus parlants et nous fera rêver pendant ses sept courtes minutes. ‘Les danseurs se figent‘, elle aussi instrumentale, nous rappelle ces soirées d’été passées à la terrasse d’un café alors que le soleil se couche, sous fond d’influences jazzies…

Altitude Zero‘ est en fin de compte un de ces albums qu’on n’oubliera pas de sitôt, à s’écouter très régulièrement sous peine d’être rapidement en manque. Agora Fidelio réussit à servir un rock intimiste, sous de faux airs de A Perfect Circle, preuve qu’en France aussi on est capable de voler haut, très haut.