Après leur premier album auto-produit plus que réussi et acclamé par la critique on ne pouvait qu’attendre avec impatience ce nouvel opus des jeunes allemands de Immortal Rites. ‘Art Of Devolution‘ s’annonce donc dès la première écoute comme l’héritier de toute la tradition death mélodique allemande, mais peut-on dire de ce successeur qu’il est le digne héritier de l’inventivité de l’excellent ‘Beyond The Gates‘ dont ‘Weeping Tears‘ sonne sûrement toujours dans de nombreuses oreilles ? Pas sûr, pas sûr du tout…

On démarre sur une intro plutôt étrange mêlant beat électro a des samples de symphoniques de cordes et une basse écrasante. Pourquoi pas… La transition se fait plus que brutale (mais pas moins agréable) lorsque démarre ‘Fatal Exploited‘, expédiant une batterie syncopée à toute vitesse accompagnée du chant assourdi et saturé que l’on connaît. Les mid-tempos à la double viennent ponctuer le refrain à la mélodie plutôt accrocheuse : bref rien n’est à jeter, et c’est plutôt bien parti. Malheureusement, ce titre d’ouverture, s’il reste excellent, n’est pas tout à fait à l’image des 9 autres titres de l’album.

En effet, plus aucune surprise (si ce n’est des mauvaises) ne viendra éveiller nos tympans tout au long de ces titres souvent plus plats et déjà vus les uns que les autres. Entre les leads catastrophiquement pompés sur les classiques du heavy et du speed d’il y a quelques décennies comme dans ‘Dressed In Amazing Red‘ et les synthés qui servent si souvent bien de fond mélodique dans le black ici utilisés de façon indescriptiblement outrancière (l’intro de ‘United Scars Anthem‘, si elle n’est pas prise au second degré, est littéralement vomitive), on ne sait plus ou donner de la tête entre tous ces défauts. Un bon point pour certains passages chantés, mais la encore les effets dans la voix ne font ressortir qu’un gros bourdonnement désagréable. Dommage. Quand la batterie veut se la jouer oldschool avec ses grooves ternaires, les guitares ne collent pas (‘The Utter Dark‘) et dès qu’une guitare massacre un pauvre solo inaudible, le chant et la batterie viennent saturer le tout pour finir en chaos de décibels. Question de coordination et de structuration les gars. Encore dommage.

Eh oui vraiment dommage car on sent bien un potentiel derrière tout ce gâchis. Dans des titres comme ‘Pathetic Patterns‘, à la composition déjà plus complexe, le chant alterne entre pur guttural hardcore et polyphonies folkloriques. L’intro de ‘Hallucinations Overture‘ et sa mélodie planante démontrent tout le talent de composition de ces musiciens encore jeunes et plein de potentiel. La personnalité artistique de l’album garde d’ailleurs toute son épaisseur mais malgré tout ça, au bout du compte on à tout de même l’impression d’avoir assisté à la répétition d’un groupe débutant reprenant du In Flames méconnaissable. C’est ça le problème : après avoir fait un premier album aussi bon, faut assurer derrière aussi et pas se reposer sur ses lauriers comme ça. Allez, courage les gars, on attend le prochain en espérant mieux…beaucoup mieux.