Feist, entendu pour la première fois deux semaines seulement avant de la voir en concert, je ne peux maintenant plus me passer de cet album. Autant j’ai dit ça d’albums que j’oubliais quelques jours plus tard, autant cet album est résolument différent. D’un genre difficile à classer (la chanteuse mêle pop, soul, blues, jazz et folk), cet album est donc assez varié, surprenant et sacrément réussi. Il y a des moments comme ça, où l’on a envie de changement, et entre deux écoutes d’AFI, AC/DC ou encore Jane’s Addiction, il est bon (pour moi) de me laisser aller en écoutant cette musique.

L’album s’ouvre sur le dépouillé ‘Gatekeeper‘, superbe ballade acoustique, où la chanteuse s’accompagne de sa guitare, et de sa voix magnifique. Le ton est d’ores et déjà donné, Feist va nous avoir sur la corde de la sensibilité, donc bourrins étroits d’esprit et ne connaissant pas d’autre breuvage que la Kro, bah passez votre chemin. ‘Gatekeeper‘ est en fait le reflet de l’album, il est à la fois sensible et délicat. Feist nous montre sur ce morceau ce qu’elle peut nous offrir, elle même (et sa musique aussi). Le second morceau de l’album est également le premier single de la Canadienne. ‘Mushaboom‘ se révèle légèrement plus orchestré, et le ton y est un peu plus dansant, la touche Pop est exprimé en pleine puissance dans ce titre.

Let It Die‘, qui donne son nom au CD, est lui beaucoup plus sombre. L’atmosphère est la même un peu plus loin sur ‘Lonely Lonely‘. Les mélodie sont plutôt discrètes et font la part belle à la voix de la chanteuse. Ses deux morceaux sont les plus beaux de l’album, et également les plus mélancoliques. On perçoit en effet dans ces morceaux une mise en avant de la voix, ce qui n’est d’ailleurs pas pour déplaire, étant données les capacité qu’a Feist de faire passer des choses rien que par sa voix.

Des morceaux comme ‘Leisure Suite‘, ‘One Evening‘, au contraire, sont eux beaucoup moins obscurs et rapporte une sorte d’espoir, même si le mot n’est pas celui qui qualifie le mieux le sentiment éprouvé lors de l’écoute. On sent un ton beaucoup plus enjoué et dansant, et ils parviennent donc à équilibrer l’album, qui du coup, ne sombre pas dans le pathos le plus complet. On trouve également des reprises comme ‘When I Was A Young Girl‘, l’excellent ‘Inside And Out‘, ou encore une reprise en français d’un classique des années 20 me semble-t-il, ‘Tout Doucement‘.

Que ce soit dans les moments sombres ou plus Pop, Feist parvient toujours à nous captiver et à nous donner envie d’en entendre plus. Un seul mot me vient à l’esprit après l’écoute de cet album, Feist m’a charmé.