Voila enfin le dernier PJ Harvey. C’est vrai, il n’est plus tout neuf, ça fait bientôt 4 mois qu’il est sorti, mais chez visual on aime laisser mûrir nos idées sur un CD, surtout quand c’est du Polly Jean.

Uh Huh Her, c’est son nom (l’album), est sortit dans un relatif tapage médiatique, la belle anglaise au succès grandissant étant attendue de pied ferme par les fans et les critiques. L’album précédent, Stories From The City, Stories From The Sea, sortit en 2000, avait marqué par un son nouveau, porté par un gros travail en production, incontestablement plus pop et accessible que ses premiers albums, permettant à PJ d’amener un plus large public à sa musique.

Sa décision fut donc de revenir à ses sources rock brut et sans frontières pour cet album. La belle s’est donc enfermée chez elle, avec pour seul matériel un 4 pistes, une guitare et quelques potes musiciens (Rob Ellis et Mr Head). L’album, autoproduit, revendique un son exempt de tout arrangement et autre effet de production, annonçait elle avant sa sortie. Un son presque crade quoi. Electrique en tout cas.

A la première écoute de l’album, on a presque du mal à trouver cette ambiance insalubre tant recherchée. Le son est simple, c’est vrai, les arrangements semblent inexistant, les instruments sont dans leur plus simple appareil, mais crade, point de ça.

Les sonorités sont variés et ne se ressemblent pas sur l’album, allant du posé et contemplatif ‘the slow drug‘, à l’écorché et électrique ‘Who the Fuck‘, aux riffs de guitare énergique. On ressent d’ailleurs tout au long de l’album des influences ‘stoner’, acquises probablement lors de longues Desert Sessions en compagnie du talentueux Josh Homme. On reste néammoins dans une atmosphère sombre, presque glauque (‘you come through‘, ‘it’s you‘), propre à PJ. Les textes suivent l’ambiance, évoquant des relations difficiles, voir impossibles, des amours déchus. La vie est dure pour PJ.( ‘The desperate kingdom of love‘, ‘The Darker Days of Me & Him‘).

Sans créer de révolution majeur dans sa musique, PJ revient à ces sources, avec un album bien plus proche de son premier album, Dry, que du précédent. Un album un peu sombre, aux instruments simples, ou quelques morceaux efficaces ressortent par leur énergie. Un album ou les fans de la première heure seront comblés, mais ceux qui ont pris PJ Harvey en chemin après Stories From The City, Stories From The Sea risquent d’être un peu désorienté.