‘Une formation innovante pour les fans de métal ouverts d’esprit.’ C’est par cette introduction plutôt alléchante que ce présente Persefone, jeune groupe originaire de la principauté d’Andorre (si, comme moi, vous n’avez aucune idée d’où ce trouve cette principauté, un petit hochement de tête approbateur suffira à faire croire à tous que vous êtes cultivé), avec son premier album ‘Truth Inside The Shades‘. Hmmm, suis-je un ‘fan de métal ouvert d’esprit’ ? Allez, on écoute, et on verra bien…

Petite intro sympathique au piano, qui, si elle paraît anecdotique à la première écoute est en fait réellement un petit bijou qui allie la modernité des claviers plus pop à la Muse et les sonorités des compositeurs classiques des siècles passés. Bon c’est sûr, il ne faut quand même pas se précipiter sur cet album si on est fan de Chopin, mais pour une fois, l’intro ne passe pas inaperçue et permet au passage de montrer les qualités d’interprétation d’Iawr, clavier du groupe, qui est d’ailleurs extrêmement présent tout au long de l’album et donne à chaque titre la finesse et le raffinement qu’on trouve dans cette intro. Après le calme vient la tempête et c’est donc à toute vitesse que s’enchaîneront dès la fin de cette minute trente de grâce les 5 autres titres (8 à 9 minutes en moyenne) de death puissant et mélodique de l’album.

Si des groupes tels que Symphony X ou Cacophony viennent à l’esprit dès les premières secondes de titres comme ‘The Whisper Of Men‘, Persefone n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît à ranger dans leur catégorie : les compositions, malgré leur longueur, réussissent à ne pas lasser un seul instant grâce à des structures complexes, pas trop de peur qu’on s’y perde, mais juste assez pour surprendre par un petit break bien placé, un mid-tempo inattendu sur un voix chantée des plus justes (‘Niflheim‘), etc…

Les claviers, quand à eux, dénotent indéniablement le rattachement du groupe à des influences prestigieuses, telles que certains des plus grands groupes de power/mélodique, Dream Theater ou Liquid Tension Experiment (‘Truth Inside The Shades‘), dont l’apogée date, certes, d’il y a déjà quelques décennies mais dont le son n’a rien perdu en originalité. Mais contrairement à ces groupes là, Persefone ne base pas tout son jeu sur la technique (n’est pas non plus Mike Portnoy qui veut…), et sait user des mélanges de style de manière plutôt habile : alors que certains titres font dans le (presque) pur death et d’autres dans le black (le très sombre instrumental ‘The Demise Of Oblivion‘), la majorité (oui c’est sûr, sur 6 titres ça fait pas beaucoup, mais bon…) font des allers et venus entre symphonique rapide, gueulé et plutôt brutal et des passages très lourds, chantés, remplis de solos et aux mélodies plus accrocheuses (‘Atemporal Divinity‘).

En gros, on peut dire sans trop se tromper que pour un premier album c’est plutôt bien parti. Oui, c’est sûr, avoir à la production quelqu’un comme Peter De Betou (In Flames, Dimmu Borgir, …), ça aide, mais ça ne fait pas tout. Et si les influences de chacun se font encore grandement sentir et qu’on ne peut peut-être pas dire pour le moment qu’ils aient vraiment trouvé un son qui leur soit propre, on est obligé de tirer notre chapeau à la qualité des compositions qui ne sont pas à la portée de n’importe qui. On attend donc la suite avec impatience, et on espère un prochain opus où ce mariage entre le raffinement de la musique classique et la puissance du death se sera fait avec encore plus de brio.