Ambryo est un groupe parisien dont la création remonte à septembre 2000. Lorsqu’on demande aux 4 musiciens de définir le genre dans le quel ils évoluent, ces derniers nous parlent de ‘métal schizophrène’… Une étiquette pas facile à interpréter au premier abord, mais une fois le disque dans la platine, on se dit que oui, ce qualificatif est celui qui colle le mieux à la musique des Yvelinois. D’un coté, le groupe se la joue mélancolique et névrosé, mais quand il s’agit de mettre la patate, le quatuor n’a de leçons à recevoir de personne. Avec son premier album éponyme sorti fin 2004, Ambryo s’affirme donc comme le Dr Jekyll et Mr Hyde du métal français…

Le CD commence par une sorte de brouillon hardcore de 56 secondes qui fait peur pour la suite… Heureusement, ça se calme par la suite, enfin façon de parler. En 10 titres et 50 minutes, l’embryon de la scène française s’affirme en effet comme une des nouvelles valeurs sûres de la scène métal française, avec un mix subtil de néo, de hardcore et de heavy.

Au chant, Lionel alterne entre passages hurlés et parties beaucoup plus mélo… Très propre, sa voix claire m’a rappelé pas mal d’autres chanteurs de métal français, mais là où il fait fort, c’est quand il se met à faire du scat à la Jon Davis. Ses onomatopées à la fin de ‘Le Bonheur‘ ou sur ‘Ungaresca‘ sont absolument fabuleuses et lui confèrent une véritable identité vocale ! Lionel possède en effet une puissance hors normes (‘Dark Days‘, ‘V-Nerf‘), et s’il continue à crier comme ça, je ne donne pas cher de ses cordes vocales dans 10 ans… Ses textes (tantôt en anglais, tantôt en français) ne sont quant à eux pas des plus optimistes (‘Le Bonheur‘), et l’on retrouve même toute la détresse de Jon HIV sur les phrases susurrées à la fin de ‘Dark Days‘…

Ce premier album autoproduit possède un son de qualité, avec un mur de guitares qui n’est pas pour me déplaire… Le mix, très équitable, ne laisse aucun instrument de côté, et l’alliance guitares/basse apporte une grosse densité au son d’Ambryo. Le bassiste n’est donc pas en reste, et il se permet même de jouer quelques lignes groovy du plus bel effet sur ‘Lost‘, ‘Futur ?‘ et ‘V-Nerf‘. Le guitariste parvient quant à lui à mêler lourdeur extrême et rapidité, en essayant toujours de trouver le riff qui va faire exploser le pit. Malgré une absence totale de solo et des riffs relativement basiques, Nicolas insuffle une énergie époustouflante à ses compos. Ca joue donc vite et bien, et au-delà de quelques influences hardcore perceptibles sur ‘Save Me‘ et ‘Futur ?‘, on retrouve de nombreuses sonorités directement inspirées de KoRn période ‘Follow The Leader‘ (‘Mal/heureux ?‘, ‘Le Bonheur‘).

Ambryo est également très ouvert musicalement, et on retrouve sur ce disque beaucoup de crossover avec d’autres styles ou instruments. Le pont de ‘Lost‘ est ainsi très inspiré par le reggae, alors que ‘Zarb I ?‘ et ‘V-Nerf‘ font intervenir plusieurs parties de piano. Mais le top de l’originalité revient sans aucun doute possible à ‘Ungaresca‘ : sur ce titre singulier joué en collaboration avec les 5 Michels, Ambryo n’hésite pas à mélanger sa musique aux instruments folkloriques du Moyen Age. Un pur délire agrémenté de cris félins comme on en trouvait en ouverture de ‘Life Is Peachy‘…

Vous l’aurez compris, ce disque éponyme m’a beaucoup plu. Pour être franc avec vous, c’est même l’un des disques français qui m’a le plus emballé depuis longtemps… Leur musique toute en contrastes possède une énergie démesurée qui devrait faire les beaux jours de votre chaîne Hi-Fi. L’embryon risque de devenir grand…