Un an et demi après la sortie de l’excellent ‘The Impossibility Of Reason‘, Chimaira nous propos enfin un DVD. Mais attention, le groupe de Cleveland ne fait pas les choses à moitié, et dans le boîtier de ‘The Dehumanizing Process‘, les fans old school seront heureux de trouver l’EP ‘This Present Darkness‘, qui était épuisé depuis de nombreuses années… Le DVD est quant à lui extrêmement riche : outre un documentaire d’une heure et demie sur l’enregistrement de leur deuxième album et la vie en tournée, le groupe nous propose ainsi un live de 2003 ainsi que ses 4 clips.

Le gros de ce DVD est donc constitué d’un documentaire, un peu à la manière de ce que nous avait proposé Metallica avec ‘Un an et demi de la vie de Metallica‘. Le film commence à Cleveland, dans le garage d’une zone industrielle où le groupe peaufine les compositions de ‘The Impossibility Of Reason‘. On y découvre un groupe simple, ambitieux, réaliste et en aucun cas une bande de stars aveuglées par les lumières du showbiz. On apprend ainsi que Chimaira a mal vécu l’échec de son premier album (‘Pass Out of Existence‘), et que ce deuxième disque constitue leur dernière chance. Les débats internes font rage, notamment quand il s’agit de décider de mettre ou non un single radio-friendly sur la galette.

Mark Hunter et Rob Arnold s’affirment très nettement comme les leaders de la formation : ils conseillent les 4 autres dans leur façon de jouer, et ces derniers n’ont pas vraiment leur mot à dire… Rob est très pointilleux sur tout ce qui touche à l’image du groupe, et il refuse ainsi catégoriquement l’utilisation d’un pentagramme pour un T-Shirt, alors que tous les autres musiciens y étaient favorables ! Vous serez peut-être étonnés d’apprendre que Mark Hunter compose énormément à la guitare, toujours en compagnie de Rob.

Jim Lamarca, le bassiste qui ressemble à Fieldy de KoRn, est en quelque sorte le pitre du groupe, et il ne se gène pas pour se moquer gentiment de ses comparses… Mais ce DVD nous permet surtout d’assister aux problèmes internes, puisque 2 batteurs quittent le groupe au cours du film ! Andols Herrick, qui paraît toujours complètement à l’ouest, s’en va à cause d’un mal-être qui n’a rien à voir avec le groupe. Il n’hésite pas à s’en expliquer face à la caméra, et hormis le très intransigeant Rob Arnold, tout le monde le comprend. On assiste ensuite aux répétitions du nouveau batteur, Ricky Evensand. Ce Suédois perfectionniste mais pas toujours sûr de lui n’est pas resté très longtemps au sein de Chimaira, la faute à des problèmes personnels et à un Visa ayant expiré. Je vous conseille tout particulièrement la scène où il casse tout autour de lui, dans un véritable accès de rage. Mark Hunter le confessera plus tard : ce type leur faisait peur ! C’est donc Kevin Talley qui les a rejoints, sur les conseils de Kerry King

Dans les autres moments intéressants du reportage, on assiste au tournage chaotique du clip de ‘Down Again‘ qui s’est achevé par un incendie ! Nous voyons également le quotidien du groupe dans son tour bus, avec les changements de setlists, les obsessions sexuelles de Jim Lamarca ou encore la confection d’un cocktail Brown Eye par Robb Flynn de Machine Head ! Autre moment marrant, l’apparition de Corey Taylor (Slipknot) dans son plus simple appareil, en plein milieu d’un concert !

Mais le DVD ne s’arrête heureusement pas à ce reportage ! En effet, le groupe nous propose en bonus un concert enregistré en Hollande en octobre 2003. Malgré ses 33 minutes au compteur, cet enregistrement nous fait apprécier toute l’énergie de Chimaira en live : Jim est une vraie bête de scène, alors que Mark ne cesse d’inciter le public à se bouger. Les guitaristes assurent quelques poses à la Iron Maiden, avec de très amples mouvements de guitare (‘Severed‘). Chacun headbangue à tout va, même le batteur de l’époque (Andols). Mais le clou de ce concert est évidemment la présence d’un Braveheart où la fosse se divise en 2 pour ensuite se foncer dessus !

En ce qui concerne la technique à proprement parler, les menus tout en flammes sont particulièrement réussis, et la qualité sonore est à couper le souffle : c’est en effet Colin Richardson (Machine Head, Fear Factory) qui a mixé le live ! Les non-anglophones seront également soulagés de voir des sous-titres (en anglais) pendant toute la durée du documentaire.

Vous l’aurez donc compris, ce DVD est une totale réussite. Avec un reportage sans complaisance, un live intense et un EP quasi-introuvable, Chimaira comble ses fans. Sans jouer dans le pathos et le ridicule (comme /Metallica dans Some Kind of Monster), Chimaira nous donne l’image d’un groupe intègre, passionné et proche de ses fans. Comme le dit Kerry King dans le générique de fin, cette formation a tout du Slayer des débuts. La question ne se pose donc même pas : il vous faut ce DVD !