Dark Moor est un groupe espagnol qui joue un power métal mélodique, vous savez, du heavy old school avec des violons et des nappes de claviers (rien à voir avec le power métal de Pantera). Après avoir perdu 5 membres il y a quelques années (dont certains sont partis former Dreamaker), la formation revient avec ‘Beyond The Sea‘, un nouvel album plus heavy que symphonique.

Autant le dire directement, comme ça vous serez fixés : ce groupe ibérique est un bon mix entre Rhapsody, Angra et Edguy. Le chant en anglais d’Alfred Romero est ringard à souhait, avec des refrains pleins d’emphase nous rappelant le pire des années 80. Alfred est un chanteur à l’ancienne, avec une voix pure et aiguë : si son talent est réel, permettez-moi quand même de ne pas être plus touché que ça par son style sans originalité. Quelques growls très typés black métal sont également présents ça et là (‘Houdini the Great’s Escapade‘, ‘Beyond the Sea‘), mais ils restent dans l’ensemble assez rares, et c’est tant mieux !

Globalement, on peut dire de ce disque qu’il manque de pêche, mais ce n’est pas une surprise vu le genre musical qui est ici pratiqué (les claviers, ça aide pas). Seules ‘Houdini the Great’s Escapade‘ et ‘Alea Jacta‘ apportent un peu de piquant avec leurs riffs pleins de hargne.

En me lisant jusqu’ici, vous devez vous dire que ce groupe n’a finalement que peu d’intérêt. Et bien non, Enrik Garcia, le compositeur du groupe, sauve systématiquement la mise avec ses splendides solos. Originaux et pleins de fougue, ils constituent l’atout numéro 1 de ce disque. Mais Enrik ne se limite pas qu’au lead guitar : ses riffs heavy (‘The Silver Key‘) ainsi que ses superbes parties de guitare acoustique (‘Green Eyes‘) rompent la monotonie et prouvent à qui voudra bien l’entendre que ce bonhomme possède un réel talent.

Le piano de ‘Miracles‘ est également une excellente surprise, dans un style résolument classique. A propos de classique, sachez que les parties orchestrales sont bien présentes, mais à très petite dose : hormis le premier morceau, on ne les entend que sur les deux interludes instrumentaux. Ces derniers permettent d’équilibrer le disque, en donnant par la même occasion une âme au disque avec leurs ambiances très marquées. Notez au passage que le deuxième (‘Iulius Caesar‘) possède une étrange similitude avec le générique de Fort Boyard au niveau des percussions… Ca ne s’invente pas !

Dark Moor livre donc un disque honnête avec ‘Beyond The Sea‘ : sans aucune innovation, le groupe fait ce qu’il sait faire, à savoir du bon vieux heavy speed symphonique. N’étant à priori pas fan de ce genre de musique, j’avoue avoir été toutefois séduit par les parties de guitare, bien plus mises en avant que par le passé. Ce disque se laisse écouter, et c’est ce qui compte finalement. Mais je reste tout de même assez sceptique quant à l’avenir de ce genre vraiment daté : même si les compos restent bien ficelées, elles tournent en rond avec des schémas vus et revus depuis 20 ans. ‘Beyond The Sea‘ s’adresse donc essentiellement aux fans de ce style très particulier.