Zakk Wylde, le célèbre guitariste d’Ozzy Osbourne, n’a rien du look d’un mafieux. Loin de lui l’idée d’avoir les cheveux gominés et de porter des costumes super classe. Non, Zakk est plutôt dans le trip ‘biker américain tatoué et plein de poils’. Et pourtant, avec le septième album en 7 ans de Black Label Society, Mr Wylde prend la mafia comme thème principal, en nous proposant une pochette qui n’est pas sans rappeler l’affiche du parrain.

Pour ceux qui comme moi n’ont jamais trop prêté attention à Black Label Society avant 2005, et bien sachez que leur musique est à mi-chemin entre le rock et le heavy métal : les riffs en mid tempo groovent à souhait, tandis que les soli sont l’occasion pour Zakk de se lâcher dans un registre plus dur. En ce qui concerne la voix, et bien prenez Ozzy Osbourne, ajoutez-y des tonnes d’effets ainsi qu’un peu d’agressivité, et vous obtiendrez Zakk Wylde. Pas évident que ça le fasse en live, mais en studio, ça possède un certain charme…

Sur ce disque, le grand blond est au sommet de son art avec un jeu de guitare tout bonnement hallucinant. Ne se contentant de faire une démonstration technique, il excelle également dans la création. Et disons-le clairement : il rappelle à de nombreux égards le style du regretté Dimebag Darrell (Pantera). Ses impressionnants soli ont une âme, et certains titres n’ont rien à envier à ceux de Velvet Revolver (‘Say What You Will‘). Toutefois, certains gimmicks reviennent un peu trop souvent, notamment les notes hurlantes que l’on entend à tout bout de champ (‘Spread Your Wings‘).

Ne se limitant pas au simple plaquage de riffs, Zakk parvient à faire chanter sa guitare sur ‘Fire It Up‘, ‘Dirt On The Grave‘ et ‘Too Tough To Die‘ grâce à une utilisation précise de la pédale wah wah. Mais ce disque ne comporte pas que des titres à connotation rock : en effet, deux poignantes ballades au piano apportent un zeste de douceur à l’album, dans un style très proche d’Ozzy Osbourne… Autant dire que ce côté mielleux et aseptisé en étonnera plus d’un, mais en aucun cas ces titres ne font tâche sur l’album : au contraire, ils l’équilibrent.

Ce qui fait l’intérêt de ce disque, c’est finalement son incroyable diversité : tantôt lourd, tantôt soft, il combine tous les éléments qui firent le succès de Black Label Society jusque-là. Oscillant entre rock et métal, il prouve que les guitaristes techniques ont encore leur mot à dire, 10 ans après la fin des Guns N’ Roses. Zakk Wylde ne se contente pas de jouer ses morceaux, il fait littéralement vivre sa guitare. Qui plus est, la production est pour une fois de qualité, avec un son pêchu comme il faut mettant en avant le dynamisme des guitares. ‘Mafia‘ est donc un album de rock comme on n’en fait plus, un mélange de lourdeur et de douceur agrémenté de virtuosité. A écouter d’urgence !