Overkill est un groupe de thrash américain qui revient en 2005 avec son quatorzième album. Ne les connaissant ni d’Eve ni d’Adam, je les ai donc découverts avec ‘ReliXIV‘ (prononcez Relics Fourteen), et je me suis très vite adapté à leur musique : en effet, Overkill propose un thrash à l’ancienne, sans une once de modernité. Retour donc sur une époque où la mode était au mullet et aux pantalons en spandex !

Avec 6 morceaux excédant les 5 minutes, le groupe new-yorkais ne s’est pas moqué du monde : attendez-vous donc à une déferlante de riffs en palm mute et de soli joués à toute allure, dans la plus grande tradition des Death Angel, Kreator et autres Annihilator. L’intro de ‘A Pound of Flesh‘ va ainsi très très vite (Slayer n’a qu’à bien se tenir), alors que son refrain n’est pas sans rappeler le ‘Gung Ho‘ d’Anthrax… Si ça n’est pas assez thrash pour vous, je ne sais vraiment pas ce qu’il vous faut !

Bats In The Belfry‘ emprunte de son côté quelques gimmicks au Machine Head de la période ‘The More Things Change‘. Vous l’aurez compris, Overkill n’est pas le groupe le plus original de la planète, mais cela ne l’empêche pas de nous proposer des rythmiques sans compromis, avec moult changements de tempo. Si la plupart des morceaux possèdent une longue intro qui monte peu à peu en puissance, on retiendra tout particulièrement celles de ‘Keeper‘ et ‘Within Your Eyes‘ qui sont de vrais petits joyaux.

Outre le thrash, Overkill s’essaie également au heavy saccadé sur ‘Wheelz‘ et ‘Play The Ace‘, deux titres bien plus lents que le reste des compositions. L’album s’achève par ‘Old School‘, un morceau très atypique dont le refrain joyeux rappelle le punk des Ramones. On sent que le groupe s’amuse, même s’il faut bien dire que ça n’a absolument rien à voir avec le reste du disque !

Si vous ne l’avez jamais entendue auparavant, la voix agressive de Bobby ‘Blitz’ Ellsworth risque de vous étonner : évidemment très aiguë, elle nous rappelle que les chanteurs des années 80 se faisaient tous castrer… Cela dit, blague à part, Blitz possède un vrai sens du rythme, ainsi qu’une réelle capacité à pousser le volume. Avec son accent british, il possède quelques intonations dignes de Bruce Dickinson, même si son timbre de voix est bien plus éraillé. En ce qui concerne la production, le groupe a opté pour un son sale et rétro, si bien que ‘ReliXIV‘ sonne comme s’il avait été enregistré il y a une vingtaine d’années…

Avec 50 minutes au compteur et 10 morceaux, Overkill nous propose donc un disque particulièrement efficace : on ne s’ennuie pas une seconde, et l’album possède suffisamment de consistance pour qu’on y revienne régulièrement. Mais en ne se modernisant pas, Overkill a de facto limité son public : leur style est très (trop ?) formaté, mais dans un sens, c’est ce qui fait le charme du thrash. Certaines personnes, comme moi, prendront leur pied avec cette musique d’un autre âge, les autres passeront leur chemin, en raison d’une musique et d’une voix trop datées. Pour peu que vous ne soyez pas réfractaires au thrash, ‘ReliXIV‘ demeure donc un excellent disque de métal comme on n’en fait malheureusement plus.