Le métalcore, vous connaissez ? Comme vous l’avez certainement remarqué, depuis début 2004, ce genre est partout, et chaque mois, on trouve un nouveau groupe qui tue, en se disant que ça y est, ce sont EUX les futurs grands du métal. Depuis un an, je baigne donc dans ce style inspiré de la scène scandinave, et si bien souvent la musique est de qualité, il est une chose qui manque cruellement à ce nouveau genre à la mode : l’originalité. En effet, tous les groupes de la New Wave of American Heavy Metal se ressemblent à peu de choses près, et ce constat n’est pas près de changer avec ce nouveau CD de Trivium.

Le premier truc qui choque quand on rentre dans l’univers de ce groupe, c’est l’âge de ses 4 musiciens. Nés entre 1982 et 1986, ils n’ont rien d’un petit groupe de minets qui balbutient avec leurs instruments : au contraire, leur musique est d’une technicité sans faille, et le chant hardcore de Matt Heafy est assez hallucinant de puissance pour un gamin de 19 ans !

Ensuite, si l’on s’intéresse plus en profondeur à la musique du groupe, on se rend bien vite compte qu’il s’agit d’un métalcore bourrin entre Killswitch Engage et Caliban, dont la seule grosse originalité provient de refrains mélodiques en voix claire. Même s’ils n’ont pas inventé l’eau chaude, ces 4 zikos ont tout de même réalisé une belle prouesse en maximisant le métalcore : les excellents riffs de guitare se succèdent à un rythme presque inhumain, et hormis l’ignoble ‘Dying In The Fetus‘, le groupe ne faiblit jamais. On prendra ainsi de monumentales baffes à l’écoute de ‘Rain‘, ‘A Gunshsot To The Head Of Trepidation‘, ‘Pull Harder On The Strings Of Your Martyr‘ ou encore ‘The Deceived‘.

Si la première moitié de l’album est constituée des titres les plus accrocheurs, la seconde nous montre Trivium sous un autre visage, avec des compos parfois plus longues et quelques expérimentations, notamment à la guitare acoustique. Les 2 derniers morceaux sont à ce titre de belles réussites, avec leurs structures non conventionnelles…

En véritable pilier de la rythmique, Travis Smith réalise une performance de choix à la batterie : outre l’évidente démonstration technique, le bonhomme nous propose quelques gimmicks sympathiques qui le démarquent de ses contemporains. Des soli de guitare rapides et techniques sont également présents dans tous les morceaux, et c’est peut-être là que Trivium marque des points par rapport aux autres groupes : leur niveau est en effet assez exceptionnel, et avec les soli de ‘A Gunshsot To The Head Of Trepidation‘, ‘Like Light To The Flies‘ et ‘Departure‘, nul doute que Trivium parviendra à séduire les fans de thrash old school en manque de sensations. Pour parachever le tout, la production d’Andy Sneap est de très belle facture, avec un son propre et pas trop massif…

Trivium nous propose donc un disque rudement efficace en ce début de printemps 2005. A la manière de KsE, ce jeune groupe américain a su habilement mêler thrash et death mélodique. Si j’avais écouté ce CD il y a un an, quand mes oreilles étaient encore vierges de toute agression métallique, j’aurais sûrement sauté au plafond devant une telle réussite. Mais voilà, un an s’est passé, et la musique de Trivium semble aujourd’hui avoir été entendue des tonnes de fois dans des tonnes d’autres groupes, preuve que le métalcore tourne sacrément en rond. Malgré cela, ‘Ascendancy‘ constitue l’un des tous meilleurs disques du genre : s’il continue sur cette voie, Trivium a tout pour devenir une future référence du métal.