Bleed The Sky est un groupe californien qui fait du métalcore (et oui, encore un…). Avec leur premier album, ces petites jeunes signés chez Nuclear Blast font partie comme tant d’autres des groupes que l’on annonce comme de futurs grands du métal. Peut-on y croire ce coup-ci ?

Autant le dire d’emblée, Bleed The Sky rappelle à de très nombreux égards le Chimaira de ‘The Impossibility of Reason‘. En effet, le chant de Noah Robinson possède le même côté éraillé et la même intensité que celui de Mark Hunter, si bien que l’on croirait parfois entendre deux clones. Secundo, certaines structures de chansons sont carrément pompées sur ce que nous a proposé Chimaira récemment : que ce soit sur le superbe instrumental (‘Gated‘) ou sur la très virulente ‘Killtank‘, l’ombre du groupe de Cleveland plane clairement sur ce disque. La comparaison ne s’arrête pas là, puisque le jeu de guitare saccadé fait clairement penser à celui de Rob Arnold, tandis que le style ultra-technique d’Austin D’Amond nous rappelle aux bons souvenirs d’Andols Sherrick (écoutez un peu ‘God In The Frame‘ ou l’intro de ‘Division‘ pour vous en convaincre).

Paradigm In Entropy‘ plaira donc aux amateurs de métalcore scandinave burné, tant certains plans sont agressifs (cf. ‘Paradigm in Entropy‘, ‘Division‘). Les riffs sont inventifs, bien exécutés, et surtout on n’a pas l’impression d’entendre la même chose pendant les 40 minutes 50 que dure le disque. Mine de rien, c’est rare de nos jours. La production de Ben Schigel est en outre une véritable réussite, avec des guitares massives et une batterie qui fait trembler les enceintes à chaque coup de pédale ! Là encore, on pense à un certain groupe américain, mais c’est tout à fait normal, vu qu’il s ‘agit du même producteur !

Vous devez donc vous dire que ça y est, Bleed The Sky EST la nouvelle sensation métalcore à surveiller de près. Et bien non, tout n’est pas rose sur ce disque, loin s’en faut. La faute à quoi ? Et bien tout simplement à un chant clair qui fait clairement tâche ! Si Noah aime hurler, il abuse également de sa voix claire. Et là ça se gâte, vu que les parties mélodiques ne s’intègrent pas bien aux compos (c’est d’ailleurs le même reproche que je faisais au dernier Caliban). 6 morceaux sur 10 proposent cette alternance de voix, et parfois le chant mélodique est si mauvais qu’on croirait entendre du Mudvayne récent… On atteint le sommet de la niaiserie avec ‘The Martyr‘, une sorte de ballade néo molle du genou qui n’aura pour seul mérite que de proposer des percussions tribales. Finalement, en voix claire, seul le refrain épuré de ‘Leverage‘ mérite d’être retenu, comme quoi, avec un peu d’imagination, on peut créer de l’émotion.

Ce disque de Bleed The Sky m’apparaît donc comme un immense gâchis. Alors que les parties instrumentales sont dignes des plus grands groupes de métalcore actuels, le chant néo-métal bien mielleux ne colle pas du tout avec le reste. En cherchant à associer coûte que coûte l’énergie du métalcore et la mélodie du néo-métal, Bleed The Sky a fait une grossière erreur qui pourrait lui être fort dommageable pour la suite de sa carrière : sans cela, ‘Paradigm In Entropy‘ aurait pu devenir un classique au même titre que les derniers Chimaira ou Killswitch Engage. On ne retiendra donc de ce disque que les titres les plus bourrins, et là, aucun souci à se faire, c’est de la tuerie !