Voilà une chronique que je voulais rédiger depuis un sacré bout de temps. Fan de Limp Bizkit devant l’éternel, je faisais partie des gens qui avaient aimé ‘Results May Vary‘, même si j’avais trouvé l’album un poil trop long. Apparemment, j’ai du être un des seuls, vu que Mike Smith s’est fait virer au profit du géniallissime Wes Borland, de retour au sein du groupe après 3 ans d’errances.

En 2001, alors que LB travaillait sur le successeur de ‘Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water‘, Fred nous avait annoncé sur le site officiel du groupe que les nouvelles compos sonnaient comme du Pantera. Je me rappelle, ça m’avait beaucoup fait rire à l’époque… Maintenant que j’ai écouté ‘The Unquestionable Truth (Part 1)‘, je rigole moins, car Limp Bizkit semble avoir repris les choses juste là où ils s’étaient arrêtés en octobre 2001 : Wes Borland a du poser des conditions drastiques pour revenir, et refuser catégoriquement de faire un nouvel album facile d’accès.

Comment vous dire… ? Ce cinquième CD n’a rien à voir avec les précédentes réalisations du groupe. Il n’y a pas de single évident sur ce disque, et les riffs de guitare n’ont plus le côté surproduit de ‘Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water‘. Quand vous entendrez le titre qui ouvre ce disque, croyez-moi, vous allez prendre une belle claque. Wes balance des riffs incroyablement heavy, comme on n’en avait plus entendu depuis ‘Three Dollar Bill, Y’All‘ : il joue vite, en saccade, et toujours avec ce style si particulier qui est le sien. Les explosions caractéristiques de son jeu sont toujours là, et à chaque fois, c’est un petit moment de bonheur tant son retour au sein de LB semblait improbable il y a encore 18 mois… Ecoutez un peu l’énorme riff en harmoniques de ‘The Channel‘, et dites-moi si vous n’avez pas l’impression d’entendre le successeur de ‘Counterfeit‘ ou de ‘Nobody Like You‘. Vous voulez un truc plus bourrin ? Jetez donc une oreille au martèlement infernal de ‘The Story‘, vous aurez votre dose ! Vous l’aurez compris, ce disque est donc une réussite absolue en ce qui concerne la guitare, même si le sieur Borland n’apparaît que sur 5 morceaux…

Au niveau de l’assise rythmique, Sam Rivers a musclé son jeu, mais on pourra regretter de moins l’entendre, lui qui était l’un des piliers du son LB. A la batterie, et bien John Otto est quasi absent du disque : Sammy Siegler l’a remplacé sur 4 morceaux, et la différence se fait nettement ressentir. Limp Bizkit y perd en groove, mais y gagne en puissance (certaines déferlantes de double pédale sur ‘The Story‘ en étonneront plus d’un). DJ Lethal n’est pas non plus super présent, si ce n’est sur l’excellente ‘The Key‘ : cet interlude sentant bon le funk old school nous permet de retrouver le Fred de ‘Three Dollar Bill, Y’All‘, avec son flow grave bien loin des bouffonneries de ‘Rollin‘.

Justement, à propos du flow, et bien il va falloir vous habituer au nouveau style de Fred : sur les 4 morceaux les plus puissants du disque, il se borne à imiter Zack de la Rocha. Ca choque un peu au début (surtout sur ‘The Truth‘), mais finalement, on s’y fait vite… Au niveau des textes, notre chauve préféré a fait un bond en avant, avec des sujets bien plus matures que par le passé. Il faudra ainsi vous accrocher sur ‘The Priest‘, un titre dérangeant où il dénonce de manière très explicite les abus des prêtres pédophiles aux USA. Dans ‘The Propaganda‘, il s’attaque toujours avec autant de véhémence aux labels qui abusent du marketing pour vendre de la daube aux kids… Incroyable, venant de LB, non ? On n’oubliera pas également le court hommage rendu à Dimebag Darrell, qui je vous le rappelle a été assassiné sur scène en décembre 2004… L’interprétation de Fred est vraiment l’un des points forts de ce disque : plus que jamais, il vit ses chansons, et ‘The Key‘ en est le meilleur exemple, avec les deux voix qui s’engueulent dans sa tête…

Que penser au final de cet album ? Et bien tout d’abord, on ne peut que saluer Limp Bizkit pour avoir enfin répondu à l’attente des fans en proposant un album violent, authentique et non guidé par le marketing (absolument AUCUNE promo n’a été assurée). Mine de rien, ça faisait 8 ans que les gens en rêvaient… Secundo, ce disque est super court : avec 29 minutes au compteur et seulement 7 titres, tout se doit d’être bon, et aucun morceau ne peut se permettre d’être en dessous du reste. Est-ce le cas ? Et bien pas vraiment, vu que ‘The Surrender‘ ne s’intègre pas du tout au reste du disque avec son côté acoustique et limite trop réfléchi. On peut également se demander ce que fait un interlude (aussi excellent soit-il) sur un album déjà très court… Certains fans regretteront enfin que Fred ne crie plus comme à la grande époque, mais bon, il dégage une telle intensité dans son chant qu’on ne lui en tiendra pas rigueur. Limp Bizkit est donc bel et bien de retour avec ce qui constitue presque un sans faute : ‘The Unquestionable Truth (Part 1)‘ est une excellente surprise, que l’on n’osait plus vraiment espérer après quelques disques trop soft… Pour vous dire, ce disque tourne en boucle dans ma caisse depuis que je l’ai, et je ne m’en lasse toujours pas. Merci donc Monsieur Borland, et vivement le Part 2 !