Après un premier album couronné de succès en 2002, Audioslave revient enfin en ce printemps 2005 avec son deuxième album intitulé ‘Out of Exile‘. Si certains espéraient un retour au rock politisé de RATM, d’autres se sont laissés convaincre par le style plus calme entrevu sur ‘Like A Stone‘. Alors, que nous proposent donc Morello et ses potes 3 ans après leur album éponyme ? Ont-ils tenté de retrouver leurs origines plus agressives, se sont-ils calmés pour de bon, ou encore mieux, nous ont-ils concocté quelque chose de complètement nouveau ? Ca en fait des questions, et j’espère que cette chronique vous permettra d’y voir plus clair !

Pour commencer, autant vous parler du gros point fort du disque, à savoir la lead guitar. Tom Morello fait en effet une performance de choix sur ‘Out of Exile‘ avec des soli qui sont pour la plupart phénoménaux. C’est bien simple, je pense que même les pro-RATM et anti-Audioslave seront obligés de reconnaître que le guitariste à casquette n’a jamais été aussi bon que sur cet album : Tom varie son jeu comme jamais, et sa guitare a parfois des intonations qui semblent presque humaines. Ecoutez par exemple les ‘cris’ de ‘The Worm‘ ou les ‘rires’ de ‘Man or Animal‘, et trouvez-moi ne serait-ce qu’un guitariste qui ait déjà créé ce genre de son avec un simple instrument de musique… En outre, pour la première fois depuis 9 ans (et ‘Bulls on Parade‘), Tom scractche comme un DJ sur le solo de ‘Drown Me Slowly‘. ‘Bulls On Parade‘ sert également de modèle à la rythmique hachée de ‘Man or Animal‘, le morceau le plus rapide et le plus énergique de ce disque.

En parlant de rythmique, et bien on ne peut pas dire que Tom ait été très inspiré : autant le dire clairement, ça manque de riffs, et hormis deux ou trois titres nous rappelant aux bons souvenirs de Rage, le reste est complètement mou, à la limite de l’easy listening ! Un comble pour ce guitariste aux doigts d’or (sa femme m’a confirmé cette info). Parmi les titres les plus énergiques, ce sont donc ‘Out of Exile‘, ‘Drown Me Slowly‘ et ‘Man or Animal‘ qui nous rappellent le plus qui vous savez. J’aurais également pu vous citer ‘Your Time Has Come‘, mais je ne le ferai pas car Tom Morello a tout simplement plagié un titre de Metallica pour le riff principal (et pas le meilleur, puisqu’il s’agit de ‘Bad Seed‘). Une véritable honte, en tout cas aucun doute n’est permis, toute la toile en parle !

4 morceaux pêchus sur 12, ça signifie donc 8 ballades… On n’en est pas loin, en tout cas le tempo n’est jamais très élevé. Alors je ne vais pas cracher dans la soupe, parfois, ça le fait vachement : ‘Doesn’t Remind Me‘ possède ainsi une joie de vivre assez communicative, avec sa mélodie de guitare claire si douce. ‘Dandelion‘ joue dans le même registre, mais par manque d’idées, ce titre tourne en rond. C’est d’ailleurs l’un des problèmes de ce disque : la plupart des chansons semblent avoir une minute de trop, et on sent que le groupe les a allongées uniquement pour faire du remplissage…

Heaven’s Dead‘ est une autre réussite de l’album, avec son style parfois bluesy et son pont d’inspiration led zeppelinienne… ‘Number 1 Zero‘ m’a également séduit, avec sa guitare lente et hypnotisante. ‘Yesterday To Tomorrow‘ est quant à lui un morceau qui aurait pu devenir excellent, mais en raison d’un pont manquant singulièrement de pêche, il ne décolle jamais.

Même si les morceaux sont tous plutôt réussis, quand on les écoute à la suite, l’ennui pointe vite le bout de son nez tant les structures se ressemblent. ‘Out of Exile‘ manque clairement d’énergie, et au bout d’un moment, on ne pense plus qu’à une chose : changer de disque pour éviter l’assoupissement… Invraisemblable quand on sait d’où viennent les ¾ du groupe. Si Morello fait un véritable show en ce qui concerne les soli, le reste du groupe n’est pas des plus impressionnants. Chris Cornell se répète beaucoup, et hormis quelques notes haut perché sur deux ballades (‘Doesn’t Remind Me‘ en tête), son timbre inexpressif et très plat finit par saouler plus qu’autre chose. Que dire également de la paire rythmique constituée de Tim Commerford et Brad Wilk ? Ces deux musiciens que je considérais jusque là comme des surdoués viennent tous deux de faire une grosse contre-performance avec ce disque : ils passent complètement inaperçus, un comble pour ces deux piliers du son RATM !

Audioslave a donc plus ou moins raté le coche avec ce deuxième disque. ‘Out of Exile‘ est un disque mou, long et dont les rares qualités ne parviennent pas à faire oublier le manque de riffs. Alors que leur album éponyme rappelait fortement les Rage, ‘Out of Exile‘ penche plus du côté Soundgarden… Un rééquilibrage peut-être nécessaire dans la carrière de ce groupe qui ne s’est pas encore vraiment trouvé. En tout cas, contrairement à ce que nous annonçait récemment Chris Cornell, ce disque n’est en aucun cas ‘l’un des plus grands albums de rock de tous les temps’. En ce qui me concerne, c’est pas vraiment ma came, et je ne suis pas prêt de le réécouter…