Allez savoir pourquoi, j’ai beau adorer Sepultura et Soulfly, je n’ai jamais vraiment porté attention à Nailbomb, le projet ultra-culte de Max Cavalera qui fit surface il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, ce groupe anti-commercial au possible, se met avec DVD, avec sa prestation au Dynamo Festival de 1995, par ailleurs l’un des 2 seuls concerts de l’histoire de ce groupe…

Les fans de Sepultura ne seront pas déroutés : Nailbomb, c’est du lourd, du très lourd, et du thrash très thrash aussi. Les rythmiques sont pour la plupart d’entre elles intraitables (‘Religious Cancer‘) et souvent désaccordées (‘World of Shit‘, que de poséie…). Rhys Fulber (Fear Factory) apporte une petite touche indus avec des samples mécaniques et souvent glaciaux. Sur ce DVD d’à peine 42 minutes, vous pourrez donc voir et entendre 11 titres de Nailbomb, dont une reprise des Dead Kennedys (‘Police Truck‘).

2 frontmen se partagent l’affiche, à savoir Maxou Cavalera et Alex Newport. Déjà, c’est bien poilant de revoir Max avec un bouc et des cheveux violets, et encore ce n’est rien à côté de ses jumps bien patauds. Par contre, Alex Newport est complètement à l’ouest : apparaissant comme agacé, voire blasé, il ne semble vraiment pas à sa place à côté de l’autre géant (en plus, son micro ne va pas fort, ça n’arrange pas les choses).

Les invités sont nombreux : on voit ainsi un énorme Igor Cavalera à la batterie (quelle puissance de frappe mes amis !), un ‘pas encore chauve’ Evan Seinfeld de Biohazard sur ‘Sick Life‘, ainsi que deux ou trois autres inconnus à la basse et à la batterie. Le comble du comble reste l’apparition de Ritchie Cavalera à la guitare, sur ‘Cockroaches‘ : à l’époque, le garçon devait avoir environ 10 ans, et s’il ne nous pourrissait pas les oreilles comme aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’il était particulièrement adroit à la 6 cordes ! Dans l’ensemble, l’ambiance est donc très bonne, on sent que le groupe se fait plaisir (sauf Alex), et ce côté joyeux et bordélique semble communicatif puisque le public réagit de manière assez exceptionnelle.

En ce qui concerne la technique, et bien l’image est très nette, et il n’y a pas de problème de son (ça change du DVD de Soulfly !). Au plus pourra-t-on regretter une réalisation bien pauvre, qui pêche par l’absence de gros plans et par quelques envolées de caméra vers le ciel.

Mais bon, ce concert est cultissime, et les fans seront bien contents de l’avoir, vu qu’il tournait dans une version exécrable sur le net depuis quelques années. Avec ce DVD, vous verrez un Max Cavalera à l’apogée de son talent. On espère pour lui qu’il retrouvera cette flamme pour le prochain Soulfly