Les Lyonnais de Destinity sont décidement infatiguables. A la cadence d’environ un album chaque année, le sextet s’est fait un nom et s’est hissé directement sur le podium des groupes de death/black à ne pas manquer dans l’hexagone. Oui, enfin death…black…on sait plus trop… Mais il semblerait qu’après le départ de Lord D.D, le cap qu’a pris la musique du groupe est beaucoup plus net qu’avant. En effet, c’est désormais Zephiros qui se retrouve à la composition des nouveaux titres et on peut dire sans trop se tromper que c’est la brutalité qui est désormais à l’honneur.

En tout cas c’est la nette impression qui reste apres qu’on se soit pris une grosse claque par le titre d’ouverture, ‘In Nuclear Light‘, véritable rouleau compresseur de death pur blast. La guitare rythmique fait dans le lourd, très lourd, avec de gros riffs bien entrainants et hachés, laissant passer le temps d’un pont majestueux une mélodie aérienne soutenue par des claviers toujours aussi efficaces. C’est d’ailleurs à ces envolées de piano aux sonorités lyriques que l’on reconnaît le style de groupe, car pour ce qui est du reste, les compos sont devenues beaucoup plus violentes qu’auparavant. Et il ne faut pas se laisser méprendre par ces longs passages instrumentaux comme la douce intro de ‘Ex Nihilo‘, sa lead idéniablement Slayerienne et son mid-tempo écrasant. Ça non. Parce-que dès que cette petite minute de grâce et de finesse se termine, c’est à nouveau une boucherie dans les règles de l’art qui démarre, cette fois plus orientée thrash.

Mais ce qui surprend, outre l’efficacité et la brutalité de ces nouveaux titres, c’est la qualité de la production. Le son est tout simplement limpide et incroyablement percutant. Et c’est Jacob Hansen (Iniquity, Aborted, …) qu’on doit féliciter pour ce travail bien mené : en dehors du parfait équilibre entre le côté rugueux des blasts et surtout du son de guitare et les claviers qui font soit office de mélodie soit juste d’un fond sonore des plus agréables, c’est surtout avec la voix de Mick qu’on se rend compte de tout le travail accompli. Qu’elle soit caverneuse et porcine comme il faut ou alors plus haut perchée et aggressive, elle se fond toujours parfaitement dans l’atmosphère de chaque titre.

Car si l’album dans sa globalité possède bien cette unité artistique qui rend le tout si agréable à écouter même en boucle, chaque titre possède son petit quelque chose de différent. Si c’est une froideur mécanique qui prime sur ‘In Nuclear Light‘, c’est bien une ambiance beaucoup plus mystique et profonde qui plane sur ‘Fanatic God Machine‘ et ses claviers envoûtants. Quand à ‘Deconstruction Of Times‘, c’est immédiatement les atmosphères plus orientales de Nile qui viennent à l’esprit à l’écoute des premières notes de l’intro.

Il serait donc vraiment très dommage de passer à côté de ce ‘Synthetic Existence‘. C’est simple, il a tout pour plaire, mélange les genres avec une facilité déconcertante et nous offre quelques perles comme l’énorme ‘Synthetic Existence‘ qui clôture l’album sur ses mélodies maléfiques… Néanmoins, ce qui est sur, c’est que ceux qui préféraient le Destinity de ses débuts, beaucoup plus orienté black, risquent de beaucoup moins apprécier. C’est en tout cas loin d’être mon cas. On ne peut que féliciter le groupe d’avoir aussi bien mûri et d’avoir entrainé sa musique dans ce processus pour en faire quelque chose d’original, d’efficace et complet.