Au Canada, on ne fait pas que se recouvrir des couches pour éviter de grelotter les longs soir d’hiver, on ne fait pas que manger des pancakes au sirop d’érable, on ne passe pas tout son temps à couper des troncs d’arbres de plusieurs mètres de largeur dans sa chemise de bûcheron : on sait aussi écrire des tunes a plan et nom d’un chtit tabarnak, les gars de Les Trois Accords sont loins d’être des crosseurs !

Originaires de Drummondville, le groupe se crée en 1997 à l’occasion d’un concours local. Un long parcours a été fait depuis, en passant par une tournée Canadienne suivie de la sortie local de ‘Le Gros Mamouth Album‘ sans oublier l’ajout d’un quatrième membre à la guitare. ‘Hawaienne‘ devient très rapidement l’hymne ensoleillé du groupe. Et à force de distiller de l’humour absurde, des riffs rock n’ roll, des chants je m’en foutiste, de la bonne humeur, des rythmes entraînants, des choeurs, des mélodies carrées et extrêmement efficaces, ‘Le Gros Mamouth Album‘ finit par être en adéquation avec son nom : plus c’est gros, plus ça passe (dicton québecquois).

Et des morceaux comme ça, on en a droit à la pelle, déclinés en mille et une version, comme si les quatre membres suivaient à la lettre la recette du disque à tubes idéal. Ballade syndicale aux lyrics poétiques, chants de beuverie aux relents de Molson Canadian, discours volontairement non-engagé sponsorisé par l’Oréal, refrains indécrottables, sans oublier le titre fédérateur de l’album j’ai nommé ‘Turbo Sympathique‘. Les Trois Accords, c’est un peu du grand n’importe quoi, mais très bien foutu. En bref, les Canadiens sont un peu au power rock ce que sont les feu-Betteraves au punk : du grand guignol musical. Nous, on applaudit et on essaie de patienter avant la nouvelle séance de demain à 16h30. Nom d’un criss !