Les metalleux US de Bleeding Through nous arrivent en ce début d’année avec leur second album, ‘The Truth‘. Pour ceux qui ne sauraient pas, Bleeding Through joue du métal dans sa forme la plus classique, mélodique et avec quelques touches de brutalité plus prononcée par-ci par-là. Mais quelle surprise au premier abord de voir l’artwork de ce nouvel album, sanguinolant à souhait, les musiciens s’exposant à l’intérieur du livret mutilés à grand renforts de litres et de litres d’hémoglobine. Du changement dans l’orientation stylistique de la formation ? Oui.

Autant le dire tout de suite, le groupe s’est mis à jour en adoptant ce style si convoité mais aussi si malmené outre atlantique depuis quelques temps maintenant : le métalcore. Concrètement, comment ça se manifeste ? On prend des riffs thrash sur des rythmiques hachées très rapides et on mélange ça avec beaucoup de refrains mélodiques en voix claire en plaçant un ou deux blasts au milieu de tout ça mais surtout pas trop pour ne pas faire trop méchant non plus. Du coup, si c’est bien fait, on obtient un mélange de styles très agréable, dynamique, entraînant et surprenant. Par contre, si c’est mal fait, comme malheureusement trop souvent, on se retrouve avec un gros bordel insipide au possible. Après quelques écoutes on se rend vite compte que Bleeding Through se situe… quelque part entre les deux extrémités.

Quand ‘For Love And Failing‘ démarre on est tout de suite attiré par cette voix rauque et déchirée qui avec son hurlement enragé sert d’intro au titre. Dès le premier riff on comprend que cette fois le groupe a voulu mettre l’accent sur le côté aggressif en ‘hardcorisant’ un peu le tout. On sent remonter à la surface la facette primitive de la formation, les cris se font de plus en plus graves, la double se déchaine et le riff est lourd et pesant. Puis, au bout d’à peine 45 secondes, c’est le drame. Le refrain en voix claire déjà entendu des milliers de fois, la mélodie ennuyeuse, la spontanéité du chant disparaît, bref, le diagnostique est facile : la malédiction métalcore a encore frappé. Le coup de grâce est donné par les claviers qui sonnent presque comme une parodie de mauvais black amateur enregistré dans une cave. Le plus dommage est surement que cette conclusion qui peut paraître hative à l’écoute d’un seul titre est bel et bien valable pour les trois quart des titres de l’album, litérallement formatés sur ce modèle du genre.

Alors au lieu de parler de ces défauts qu’on connaît déjà bien et dont on ne semble pas pouvoir arêter la contagion au sein de la scène US, parlons plutôt des quelques bons titres, car il y en a, et c’est bien dommage qu’ils soient aussi peu nombreux. Comme on l’a dit, l’influence hardcore se fait ressentir plus d’une fois. Le très bon ‘The Painkiller‘ en est un parfait exemple, avec son mur de guitares chaotique et sa lead torturée, son phrasé rapide et ses mid-tempos ravageurs. ‘Tragedy Of Empty Streets‘ ou encore ‘Confession‘ eux aussi, sans rien proposer d’exceptionnel, se laissent écouter sans problème grâce à leurs quelques breaks bien placés qui relancent la machine et leurs chagements de tempo constants.

Mais malgré ces quelques tentatives plutôt réussies et une production indéniablement imposante, ‘The Truth‘ peine vraiment à convaincre. Les claviers simplement inutiles et la voix claire qui a vraiment du mal à assurer un minimum sur tout ce chant auront raison de beaucoup d’amateurs de métal, surtout de ceux à la recherche de quelque chose de vraiment nouveau. Attendons donc le prochain en espérant que Bleeding Through saura alors sagement se diriger vers un style plus personnel.