Fan de Billy Corgan depuis des années, je me devais de chroniquer cet album qui ne l’avait pas encore été sur Visual ! Si je le fais, ce n’est pas juste pour assouvir une envie de fan mais essayer de vous convaincre que l’album solo du grand chauve n’est pas aussi mauvais que beaucoup ont voulu le faire croire. Si ces personnes-là ont été déçues par l’album c’est qu’au fond, elles ne se sont pas bien attardées sur l’oeuvre de Corgan. Annoncé comme un despote par ses anciens camarades des Smashing Pumpkins, Billy est plus à considérer comme un personnage du type de Trent Reznor de Nine Inch Nails, c’est-à-dire un musicien qui sait ce qu’il veut entendre et fera tout pour que le son du CD soit celui voulu. Alors que pouvait-on attendre de cet album solo après le succès plus que mitigé de Zwan ?

Et bien, c’était un grand mystère, aucune direction n’avait été annoncée par l’artiste. Et là, où au fond, on aurait pu l’espérer rock façon ‘citrouilles’ et peut-être craindre pop, façon Zwan, l’artiste est allé à une sonorité qu’il avait déjà abordée, une sonorité électro ! Et tel ‘Adore‘, ‘The FutureEmbrace‘ se révèle plus difficile d’accès que ne l’attendait peut-être l’auditeur lambda mais quelque part, ce serait aussi oublier qu’aucun des albums précédents du bonhomme n’a été facile d’accès ! Au-delà de ce fait, l’album est loin d’être irréprochable, mais se révèle plus frais et plaisant que ne le laisserait présager l’usage des synthés et ce, même si l’ensemble n’est pas à comparer avec un Mellon Collie, c’est certain.
Billy Corgan assume une fois de plus toutes ses influences qui vont de New Order au groupe The Cure dont le charismatique leader, Robert Smith, viendra même faire les choeurs sur l’étonnante reprise des Bee Gees, ‘To Love Somebody‘.
Le problème est que l’album se scinde un peu en deux, bien que composé de titres terriblement accrocheurs à son ouverture, tels que ‘Walking Shade‘, ‘Mina Loy (M.O.H)‘ ou encore l’excellent ‘TheCameraEye‘ (sûrement le meilleur titre de tous d’ailleurs), il est aussi composé de titres plus ‘plats’, avec une fin d’album assez marquée dans ce sens, ce qui est tout de même regrettable pour un album de 45 minutes ! Oui, on peut le dire, le soufflet tend à retomber et vraiment vite.
Ainsi, même si le chanteur aux multiples hits semble se dévoiler en toute honnêteté, notamment dans le dernier titre ‘Strayz‘, avec des paroles telles que ‘You know I’m true’ (ainsi que dans l’ensemble du CD pour tout vous dire), les deux morceaux qui le précédent (‘Sorrows (In Blue)‘ et ‘Pretty, Pretty Star‘) se révèlent trop calmes pour ne pas nous laisser sur une impression mitigée concernant le final et l’album en lui-même. On a donc à faire à des titres lanscinants, un peu planants dans lesquels la voix de Corgan berce l’auditeur (et auxquels on pourrait ajouter le titre ‘Now (And Then)‘), malheureusement, le tout finit par lasser plus que par toucher l’auditeur, dommage ! Hormis ces titres, le CD reste appréciable à mon sens et résistera bien mieux qu’un Zwan sur la durée (à priori) ! Néanmoins, outre ces deux aspects, vous pourrez y retrouver des titres agréables mais qui auront tendance à s’essouffler tels que ‘A100‘ ou encore ‘I’m Ready‘ et pour les plus nostalgiques, vous aurez même le plaisir de retrouver un titre (‘DIA‘) avec Jimmy Chamberlin, ami de toujours et fidèle supporter du grand chauve, en attendant le retour des Pumpkins.

Alors, même si Corgan n’a jamais promis un album inoubliable, il a avant tout assouvi ses désirs musicaux et décidé de se livrer en homme imparfait qu’il est, certes, avec plus ou moins de succès en termes de musicalité mais pour ceux qui sauront dépasser leur préjugés, ils s’apercevront avec plaisir que l’album n’est, au fond, pas si mauvais et se révèle même agréable ! En résumé, TheFutureEmbrace est un album court qui a le tort de s’enliser sur sa fin…