Après seulement un album depuis ‘And All That Could Have Been‘ qui constituait presque un best of du groupe, un second DVD de Nine Inch Nails apparait ‘déjà’ dans les bacs. Au programme 8 titres tirés de ‘With Teeth‘, quelques incontournables du groupe et quelques titres plus ‘rares’ enregistrés lors de la tournée d’hiver 2006. Première constatation, le line-up a changé, exit donc Danny Lohner, Robin Finck ou encore Charlie Clouser et bienvenue à Jeordie White, Aaron North (dit ‘le ninja’), Alessandro Cortini et Josh Freese, excusez du peu !

Entrons dans le vif du sujet avec d’un côté, au programme des titres imparables du groupe tels que ‘Terrible Lie‘, ‘March Of The Pigs‘, ‘Closer‘, ‘Gave Up‘, ‘Wish‘ joués avec toujours autant de hargne et ce, en contraste absolu avec le très sensible ‘Hurt‘. Le line-up véritablement au sommet de sa forme démontre toute la maîtrise de son sujet, plus affûté que jamais Reznor apparaît donc tout en muscles pour cette tournée qu’il décrivait à son début comme un véritable combat. Il suffira de voir le déchainement des musiciens sur ‘March Of The Pigs‘ pour comprendre qu’aucun d’eux n’a l’intention de se ménager. Ainsi North véritable furie guitaristique se jette dans le public tandis que Reznor malmène son micro quand Alessandro Cortini, derrière ses claviers, joue les choeurs avec une ardeur sans retenue, l’engagement scénique des musiciens est ici totale, plus en retrait un Jeordie White néanmoins impeccable.
De l’autre côté, on retrouve donc une setlist dédiée à ‘With Teeth‘ qui va permettre au spectateur de voir que cet album annoncé comme un album rock par le leader se prête véritablement à la scène. Preuve en est avec le titre servant d’intro ‘Love Is Not Enough‘, NIN semble en avoir pas mal sous le pied, la puissance sonore n’y étant pas totalement inconnue, on ne s’étonnera donc pas de pousser le son plus fort que d’habitude. C’est pied au plancher qu’ils poursuivent avec ‘You Know What You Are‘, le chant de Trent étant doublé d’un effet d’écho électro ma foi fort bienvenu en 5.1. Les effets visuels sont aussi au rendez-vous et à l’instar des écrans géants pivotants de AATCHB, un voile servant de toile de projection nous permet de littéralement tripper devant la pluie ascendante de pixels du titre ‘Beside You In Time‘. Bien avant que Reznor n’empoigne son pied de micro pour le projeter dans la toile faisant éclater en mille morceaux de verre l’écran factice. Oui, on en prend plein les mirettes et même quand les effets sont plus ‘simples’ comme sur ‘Right Where It Belongs‘, le message désabusé de l’artiste est là. Les images n’en sont pas moins fortes, renvoyant à une société de consommation tout aussi froide que ces images jetées en pâture de victimes de guerre. ‘All isn’t quiet as it seems‘ clame Trent derrière l’image de couples dansant tranquillement dont celui du président Bush, sifflé par le public. Reznor n’abandonne pas son discours politique faisant le parallèle de la catastrophique guerre du Vietnam avec celle d’Irak sur fond de guitare acoustique. Un message entériné sur ‘Eraser‘, titre issu de The Downward Spiral dont la froide, lourde et lente montée en puissance indus renvoie aux images d’une nature proliférante faisant vite place à celles de missiles, de guerres, d’hommes armés et de dollars. ‘Eraser‘ faisant partie des plus anciens titres du groupe tels que les excellents ‘Burn‘ et le tout en ruptures et dissonances ‘The Big Come Down‘.
Des effets visuels que l’on aura en outre tout le loisir de savourer grâce à des angles alternatifs uniquement concentrés sur ceux-ci, histoire de ne rien en louper. Les titres de ‘With Teeth‘ sont d’autant plus mis en valeur par la scène dû au retour en grâce du torturé leader, certains y gagnant même en son rock comme ‘Only‘, servi par des guitares électriques et une ligne de basse énormes.
Du côté des bonus, vous retrouverez trois titres en répétition, deux petits clips (‘Only‘, ‘The Hands That Feeds‘), de très nombreuses photos, la discographie du groupe et même des sous-titres pour les paroles. Beaucoup plus intéressants, les titres enregistrés lors de la tournée d’été américaine 2006, nous permettant de déguster d’autres raretés telles que l’inédite ‘Non Entity‘, la très courte instru ‘Help Me I’m In Hell‘, l’énormissime ‘Somewhat Damaged‘ ou encore ‘Closer‘ dont la fontaine de pixels réactive aux intéractions de Reznor vaut le coup d’oeil et qui a même inspiré la pochette de BYIT. Assurément, cette nouvelle tournée aurait mérité à elle seule un DVD pour ses effets scéniques à base de grilles lumineuses et de projections pour près de 20 mn supplémentaires de concerts tout aussi intenses !

Certains se plaindront que ce DVD est un peu mince dans sa forme, pas de livret, ni même de setlist à l’intérieur. Quoiqu’il en soit, pour un DVD, on se dit que le contenant importe un peu moins que le contenu. Et de ce côté-là, NIN est loin de se foutre de nous ; son puissant et précis, image impeccable, mix de grande précision, preuve que le ramage ne se rapporte pas au plumage pour 90 mn de musique intensive, livrée dans son plus simple appareil malgré certains effets de scène. Un DVD qui n’aura qu’un défaut, malgré l’énergie du groupe, on regretterait presque que tout ceci ne soit pas plus ‘improvisé’, le mixage de ces trois concerts ôtant quelque peu de la brutalité live du groupe.