Second album de la formation ‘comicomusicale’ Tenacious D, ‘The Pick Of Destiny‘ est en fait la BO du film sorti sur nos écrans il y a peu, d’ailleurs rapidement éclipsé de ses mêmes écrans pour sa qualité cinématographique. Et là où un ‘Wayne’s World‘ a su se rendre culte par ses répliques, on retiendra surtout de ce film, hommage lui aussi au monde du rock, sa bande-originale franchement unique.

Seul hic et mieux vaut être prévenu, les chansons étant directement issues du film, elles ont été soumises à quelques restrictions en termes de durée, donnant au final un album d’à peine 34 minutes ! Aouch ! Oui, c’est peu mais heureusement, quelques pépites traînent sur cet album. Ainsi, en dehors de l’habituel son des Tenacious D à base de guitares acoustiques, le duo comique a eu la bonne idée de se lâcher un peu en branchant quelques amplis franchement bienvenus après un premier album éponyme dont le seul point faible était une certaine lassitude à l’écoute, la faute à un registre alors moins varié malgré des textes franchement désopilants. Car soyez prévenus simples mortels, The D, c’est aussi et surtout des textes ! Les non-anglophones risquent donc de rester sur leur faim parce que de ce côté-là, c’est aussi bonnard que les riffs utilisés pour servir le ‘propos’, preuve en est avec le premier titre ‘Kickapoo‘. Le jeune chanteur Jack Black (dans le film) mystifiant littéralement ses ultra-religieux de parents par sa vulgarité et sa rock-attitude à base de guitare acoustique, débouchant sur une correction du gamin et une morale du papa interprété par Meat Loaf en forme de rock balancé comme il faut ! Ceci, avant que Ronnie James Dio (ancien membre de Black Sabbath) ne prenne la relève pour conseiller le jeune trublion familial, l’incitant plus que jamais à mettre les voiles vers un environnement musical plus clément.
Les paroles sont donc un élément essentiel de la formation, preuve en est avec ‘Classico‘, titre de musique classique que le groupe avait déjà dans son répertoire, retravaillé pour l’occasion et sur lequel Black laisse exploser tout son délire (et talent) vocal sur cette reprise si personnelle. Seuls deux titres n’auront pas retenu mon attention sur cet album largement écouté ; ‘Baby‘, ballade un peu ennuyeuse qui voit pourtant Jack Black terminer en pleurs tel un… bébé lors du final ou encore ‘Dude (I Totally Miss You)‘ avec ses faux airs de chansons d’amour empruntés aux Scorpions en fait dédié à l’amitié liant les deux héros du film. Rigolo mais pas ma tasse de thé. Là où je m’éclate le plus, c’est quand le groupe se fait ami avec la fée électricité et dans ce registre, parmi les titres les plus longs, on compte de bons morceaux comme ‘Master Exploder‘, Jack Black y variant inlassablement son répertoire vocal, il crie, il chante, il use de toutes ses capacités vocales pour nous coller au fauteuil, servi par des arrangements musicaux franchement réussis, hommage non dissimulé à la période d’or du rock 70’s où on n’avait pas peur de faire parler la poudre avec les guitares car si ‘la voix de Jack est l’or, les doigts de Kyle Gass sont l’argent‘. Et quand je parle de bons morceaux, je pense aussi et surtout à ZE masterpiece de l’album qui susciterait quasiment l’achat à lui seul de l’album, ‘Beelzeboss, The Final Showdown‘. Scène finale du film voyant le duo affronter le Diable lui-même, il est surtout l’occasion pour le groupe de renouer avec leur pote de toujours, Dave Grohl, quasiment méconnaissable dans le film pour un rôle qu’il avait déjà interprété dans le clip ‘Tribute‘ ! Le duel musical s’appuyant sur l’opposition de gros riffs, d’une batterie lourde et d’un chant grave pour le Démon (c’est bien connu le métal étant l’oeuvre du démon) au chant clair, aux guitares acoustiques et à la discrète batterie accompagnant les D, fun à souhait, le titre est aussi pour notre plus grand bonheur le plus long de l’album. Ne vous étonnez donc pas si vous y revenez constamment car à titre perso, cette chanson m’a littéralement obsédé avec ses riffs imparables et ses paroles que vous reprendrez à tue-tête plus vite qu’un tube de la Star Ac’. Quant au reste de l’album, il se compose de titres sympas comme ‘POD‘, qui a servi de single aux States et qui résume à lui seul l’histoire du film, ‘Metal‘, à base de gros riffs bien gras et de batterie à double pédale (narrant comment les autres mouvements musicaux ont essayé d’anéantir le genre), ‘Papagenu (He’s My Sassafrass)‘, titre halluciné à base de flûtes et d’arrangements hippies entre autres morceaux malheureusement trop courts (format cinéma oblige) voguant entre délires métalleux (‘Break-In City (Storm The Gates)‘, ‘Car Chase City‘), titres acoustiques dans un registre plus habituel de la formation (‘History‘, ‘The Governement Totally Sucks‘) et autres interludes musicaux ou non (‘Destiny‘, ‘The Divide‘).

Au final, on se retrouve donc en possession d’un album pas prise de tête pour un sou, assez varié et qui devrait conquérir n’importe quel amateur de rock avec ses riffs accrocheurs et ses succulentes paroles. Un disque dont la durée pénalise la note finale, qui pourrait nécessiter la vision du film au préalable pour être pleinement apprécié niveau paroles mais dont le propos permet à Jack Black de rendre hommage à un genre qui, finalement, ne vieillit pas et se rappelle même aisément à nos bons souvenirs. Ceci pouvant sérieusement donner envie de sortir n’importe quel album d’ACDC, Black Sabbath et consorts, prouvant par là même que le genre old school n’a rien perdu de ses charmes.