Dave Grohl et sa bande reviennent et franchement, le groupe était attendu au tournant. Non parce que chaque album est un incontournable mais juste parce que le dernier album studio en avait laissé plus d’un sur sa faim. Le risque qu’avaient pris les Foo Fighters en scindant In Your Honor en deux disques bien distincts (électrique/acoustique) n’ayant au final pas payé. Certes, on en retira quelques singles sympas, surtout issus de la partie électrique d’ailleurs, mais bien loin de marquer les esprits comme certains singles l’ont fait par le passé. Et si nous avions la primeur de jeter une oreille en exclu à ce nouvel album en présence du groupe il y a quelques mois, force est de constater que l’album ne déçoit pas plus avec les écoutes. Retour sur un album qui fait plaisir.

Loin de moi l’idée de vous refaire l’analyse de l’album titre par titre puisque nous avions finalement bien cerné la structure de ceux-ci lors de la [url=http://www.visual-music.org/article-70.htm]préécoute[url] effectuée avec Jye, preuve que nous avions bien fait de ne pas abuser des petits fours et surtout du champagne offerts par Sony lors de cette mémorable soirée. Au final, ce qui nous avait frappé est aujourd’hui une évidence, les Foo Fighters ont réussi à allier sur cet album la puissance électrique du rock à l’émotion de la gratte acoustique. Parfaite illustration de ce crédo avec Come Alive ou encore Let It Die, titre incontournable rondement mené et sur lequel Grohl se lâche vocalement, poussant sa voix à la limite de la rupture. Le groupe va ainsi nous distiller son rock servi par des compos en béton armé durant 51 minutes qui s’appuient, elles, sur une prod’ qui est une des plus léchées que le groupe ait jamais proposée.
On constate aussi avec les écoutes que cet album se fait la parfaite combinaison de différents aspects offerts jusqu’alors par le groupe donnant même l’impression d’avoir un skeud estampillé The Colour & The Shape 2, alliant au passage les sonorités acoustiques abordées sur In Your Honor ou encore Skin & Bones. Le groupe n’oublie donc aucun moment de sa discographie et ne se pose même plus de limite, se risquant à tout et même parfois avec un certain insuccès. Je pense à l’instrumentale de bluegrass The Ballad Of The Beaconsfield Miners ou encore Home, titre interprété au piano un peu trop larmoyant à mon goût.
On remarquera aussi la tendance de l’album à s’adoucir après le sympathique titre Cheer Up Boys (Your MakeUp Is Running) dont la powerpop fait bien évidemment mouche. Ce qui ne veut pas pour autant dire que l’album en devient plus ennuyeux car offrant finalement une série de ballades (Statues/But, Honestly/Home) quasi expérimentales pour la formation, avec ses hauts et ses bas car si je décriais le côté guimauve de Home, j’apprécie plus spontanément la subtilité de Statues ou encore la simplicité touchante mais trompeuse de But, Honestly. Pour le reste, le groupe vogue entre titres efficaces et sans risques (Long Road To Ruin, The Pretender et ses allures de All My Life dont nos tympans résonnent encore), parfois même en tentant de se réinventer (Erase/Replace) et compositions plus atypiques (Strangers Things Have Happened, mené à la guitare acoustique et pourtant pas dénué de dynamisme). Voilà au final de quoi prendre d’assaut les salles de concert du monde entier avec aisance.

Echoes, Silence Patience & Grace ne déçoit pas. Varié, maîtrisé sous bien des aspects, il permet même d’entrouvrir quelques perspectives musicales à un groupe qui mûrit (vieillit diront même certains) mais qui n’a pas l’intention de ramollir pour autant, encore moins de s’enfermer dans un genre, au risque de sombrer dans une certaine facilité. Certes, les compos typiques et sans danger du groupe sont là mais les Foo Fighters ont fait preuve d’une réelle habileté en alliant l’émotion acoustique à la puissance plus brute du rock que le groupe sait pratiquer. ESPG apporte donc ici son lot de surprises et réussit finalement là où In Your Honor échouait en voulant simplement séparer les différentes sonorités offertes jusqu’alors par la formation et qui constituent pourtant une part de leur identité musicale.