Après avoir marqué les esprits avec son album ‘Psyence Fiction‘, U.N.K.L.E. nous revient avec un troisième album qui fait partie de ces disques que l’on appréhende difficilement dès les premières écoutes et pouvant laisser totalement indifférent de prime abord (ce qui fût mon cas). Pourtant, quand on voit la pléthore d’artistes invités et ayant accepté d’y figurer, on se dit que cet album en a sûrement plus dans le coffre qu’il n’y paraît et qu’en persévérant quelque peu, on pourra apercevoir tout son potentiel. Il est vrai parfois que persévérance peut rimer avec récompense pour l’auditeur, ça tombe bien puisque War Stories fait partie de cette catégorie.

Ce n’est qu’avec plusieurs écoutes que ce ‘War Stories‘ tout en subtilité, dévoile sa véritable puissance, assénant allégrement ses riffs aussi entêtants que du gaz moutarde et appuyés par des renforts de refrains qui ne pourront que vous laisser désarmé et sans défense. L’album déployant ses beats électros couplés à des instruments inspirés dans un seul et unique but; faire de ses mélodies des armes de destruction auditive !
L’album débarque sur une intro trip-hop de courte durée avant d’entamer son inéluctable progression sur le front musical avec ‘Chemistry‘. Titre instrumental dont les guitares tortureuses, voire épileptiques, sont à la lutte dans sa seconde moitié avec une basse vrombissante tel un [url=http://www.intercontal.com/b52.jpg]B52[url] ou encore la batterie martelant inlassablement l’auditeur désormais hagard, comme sonné par une grenade qui aurait explosé beaucoup trop près. Surtout que le titre suivant, ‘Hold My Hand‘ ne brise en rien ce parfait enchaînement sonore, James Lavelle prenant lui-même les armes de leader-chanteur sur une composition servie par de délicats choeurs qui n’enlèvent rien à l’énergie du titre.
Le leader se risquant aussi bien dans les registres dynamiques de l’électro pop, avec l’excellente et rythmée ‘Lawless‘, que dans un registre plus expérimental et planant sur la lancinante ‘Price You Pay‘, Lavelle donne pour le coup envie de s’enrôler et de le soutenir dans son effort de guerre.
Et comme une guerre ne peut se faire en solo chez U.N.K.L.E., le frontman s’est entouré d’une armée d’artistes de gros calibre : Josh Homme sur le titre ‘Restless‘ et son stoner électro imparable, Gavin Clark et sa voix toute en réverb’ donnant de sérieux pourtours cold wave à ‘Keys To The Kingdom‘ voire même de new wave sur la bandante ‘Broken‘, Ian Astbury sur l’hypnotique ‘Burn My Shadow‘ qui vous prendra littéralement à la gorge, The Duke Spirit insufflant un groove non négligeable sur ‘Mayday‘, Autolux sur ‘Persons And Machinery‘ ou encore 3D de Massive Attack sur le très ambiant et franchement trip hop ‘Twilight‘.
Un point commun cependant à tous ces titres, chaque invité apporte ici sa touche artistique sans pour autant s’approprier outrageusement le titre. On est là pour servir, pas pour trahir ! Là où je reprochais parfois à U.N.K.L.E. de se laisser dévorer par ses guests sur les précédents albums, il n’en est rien ici. Chacun apportant sa pierre d’hétérogénéité au bunker, faisant ainsi de cet album un habile mélange de froideur électros et de rythmiques instrumentales imparables comme sur ‘Morning Rage‘ pour laquelle il vaudra mieux être équipé d’un gilet pare-basse tant elle envoie.

War Stories est clairement l’album le plus rock d’U.N.K.L.E. et ce n’est pas la production du très averti Chris Goss (Kyuss, Queens Of The Stone Age) qui me fera dire le contraire. Album riche et varié, complexe et envoûtant, certains resteront peut-être insensibles à cette débauche de bombes atmosphériques et stylisées mais une chose est certaine, c’est un album incontournable de cette année 2007, ni plus, ni moins.