Les néo-folkeux qui ont la barbe pleine de poux, ça va cinq minutes d’autant plus que c’est l’été, il fait chaud et que toute une génération semble avoir abandonné toute prétention de propreté ou d’hygiène en voyant le film de Sean Penn Into the Wild. Bref, le folk rock hanté au coin du feu à la Devendra Banhart et autres gourous de prisunic merci mais non merci, on s’en passera jusqu’à la prochaine grève des étudiants.

C’est donc circonspect qu’on écoute l’album de Fleet Foxes. Qui a pourtant beaucoup pour lui tant son folk est parfois vraiment hanté et très mélodieux. Le titre d’ouverture ‘Sun it rises‘ distille des harmonies fortement convaincantes à la Beach Boys et ‘Ragged Wood‘ sonne comme du Shins. Certes mais les Shins dans leurs moments les moins inspirés. Et oui, car si c’est joli, c’est aussi très poli. Fleet Foxes brille au coin du feu et ne dit pas de gros mots. C’est respectable mais vite lassant. Une soirée boy-scout. Le tout sonne très revival seventies (une ou deux chansons rappellent d’ailleurs les derniers moments dépouillés de My Morning Jacket) et se décline exclusivement à l’acoustique. Sensible, la musique de Fleet Foxes possède malgré tout un réflexe d’auto-défense qui l’empêche de virer dans la sensiblerie pénible. Une chanson comme ‘Blue Ridge Mountains‘ démontre au contraire un groupe avec un vrai propos, de belles harmonies vocales et une retenue des plus appréciables alors que ‘He doesn’t know why‘, sûrement la meilleure du lot, lorgne vers les Zombies. Inutile de préciser que ce genre de référence fait plutôt la différence avec tous nos illuminés en tongs qui polluent la scène folk.

Fleet Foxes mérite donc le détour car il s’agit d’un album de folk souvent réussi (l’instrumental ‘Heard them Stirring‘) même s’il contient son inévitable lot assommant qui plaira à papa (‘Your protector‘). Un fort beau disque lorsqu’il ne se contente pas du minimum syndical pour neo-babas ou chics branbrans.