Toulouse, c’est un peu comme Caen. On sait qu’en Ligue 1, leurs clubs sont avariés, mais au niveau du rock ‘n’ roll, pas de doute, il y a de la grande qualité. Pour ce qui est de la scène toulousaine, quelques gars y foutent un bordel monstre depuis une dizaine d’année : Psykup. Non content de faire des ravages avec leur groupe, ces hyperactifs individus multiplient les collaborations et les projets, qui s’avèrent être le plus souvent (très) excitants. My Own Private Alaska, Manimal, Agoria Fidelio, ça te dit quelque chose ? Eh bien maintenant, il y a Simone Choule, side-project réunissant Ju, Pelo et Brice de Psykup, ainsi que Baptiste d'[url=http://www.myspace.com/aeriamicrocosme]Aeria Microcosme[url], empruntant son patronyme au personnage suicidaire qui lance l’intrigue dans Le Locataire de Roman Polanski (adapté d’un roman de Roland Topor — merci Wikipédia).

Simone Choule, c’est du rock. Barré, forcément — les 3/4 de la formation sévissent dans Psykup, ne l’oublions pas. Limite harcore ‘n’ roll (un peu comme chez Sna-Fu), les toulousains frappent fort avec le ‘You little cheap slut‘ d’ouverture, déroutant, brutal et doux à la fois. En ce qui concerne le riff principal du morceau, pas de doute, le compositeur a dû chopper une trique de tous les diables en le trouvant. La basse fait des étincelles, ça groove bien sur ‘Asphalte‘, même si les 4:16 sont décousues comme… comme… comme… Non, oublie, personne d’autre ne construit un titre de façon aussi décousue, sauf… Psykup. Aux frontières du post-rock, ‘Lithops‘ endort, l’occasion de repasser en boucle ‘Bathyscaphe‘ et ‘Black Page‘. La piste 2 inquiète avec son piano désaccordé introductif, avant de laisser place aux expérimentations vocales de Julien Cassarino accompagnant un zigzag musical enivrant. Mention spéciale au paterne de batterie, aux variations assassines. Encore du piano, très cinématographique, sur le titre n°3, avec sa guitare aérienne et sa lente montée vers l’explosion finale, illuminée par le chant rauque ‘n’ roll de Ju. Autant de plans différents en vingt-cinq minutes, ça pourrait faire peur. Mais c’est tellement bien orchestré…

Encore un intéressant satellite de Psykup. On se demande bien ce que ce concentré de folie pourra donner en format LP, mais une chose est sûre, Simone, elle est bonne.