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Pour sa troisième édition, le festival de Beauregard voyait les choses au cube : 3 jours, 30 groupes et… 2 scènes (où quand le concept est rattrapé par la réalité). Un beau vendredi matin de juillet, la fine fleur de VisualMusic a donc bravé la chaleur, sacrifié les premières étapes du Tour de France, raté la défaite de Nadal à Wimbledon et affronté un réceptionniste d’hôtel frère spirituel de Norman Bates pour se rendre à Hérouville St Clair à côté de Caen. Tout est parfaitement indiqué même si sans surprise on se retrouve rapidement confrontés à l’habituel bénévole trop zélé réclamant l’indispensable macaron nécessaire pour accéder au parking, macaron que nous n’avons pas et n’aurons pas pour la simple et bonne raison qu’il n’existe pas. Après une petite attente au soleil, les petites portes du chemin sinueux de derrière s’ouvrent, la délégation journalistique se met en rang de bataille et doit montrer patte blanche. Immédiatement arrive la responsable des accréditations qui salue presque tout le monde (on vous épargne la précision du presque…) et tombe dans les bras des deux journalistes devant nous avec les grands gestes des retrouvailles émouvantes. Nous nous approchons du stand pour retirer nos accréditations. Devant nous, ça discute un peu pass photos. On comprend qu’ils n’ont pas accès aux scènes pour prendre des photos. Regard furtif vers la responsable qui règle le tout d’une phrase sentencieuse.

-« Go go go, laisse-les passer et donne le pass photo c’est les Inrocks ».

A notre tour.

– « Non voyons vous n’avez pas accès aux scènes ».

Il semble que les webzines soient juste autorisés à prendre des photos d’ambiance, la presse écrite a elle tous les droits.

– « Saperlipopette, réplique notre photographe légitimement déçu, je ne peux même pas faire ne serait-ce qu’un concert par jour ? ».

– « Attendez, estimez vous heureux d’être ici ou partez ».

Terrassés par cette répartie, VisualMusic n’avait d’autre choix que de renoncer aux photos. Et si vous voulez apercevoir le superbe site, le château stimulant l’imaginaire, la coolitude de Eels, les collants de Katerine ou la classe de Kasabian il faudra se contenter d’une ou deux mini-photos et d’un mini texte dans vos canards favoris. Et la vie est belle malgré tout mais on se devait de vous le dire. Un peu déçus que nous étions. Restait à profiter -matos photo sur le dos- du cadre que VisualMusic n’a pas pu cadrer. Sur ce, place à la suite, moins misérabiliste mais moins motivée, forcément.

PREMIER JOUR, ambiance :

Pop the Fish : il faut des couilles pour un mec seul avec la même voix que Sébasto de « Fais la poule » pour ouvrir un festival. Pas désagréable cela dit. Mais débile.

Phyltre : les amis de Marku sont plutôt convaincants.

Gaëtan Roussel : entendu mais pas vu, il y avait des petits fours à l’espace VIP. Il a chanté Help Myself.

Philippe Katerine : il danse, fait le débile décalé et tout le monde semble aimer. Content d’avoir aperçu ça cela dit.

Kasabian : le grand moment de la première journée, les nouvelles chansons promettent autant que les anciennes donnent, c’est dire. Pizzorno de plus en plus classe.

dEUS : le grand moment de la première journée bis, les nouvelles chansons promettent autant que les anciennes donnent, c’est dire. Barman de plus en plus classe.

Motörhead : un peu poussif, manquant de conviction, ça fait une rime toute trouvée avec déception.

DEUXIÈME JOUR, ambiance

Agnes Obel : idéal pour dormir au soleil.

Herman Dune : set durant lequel j’ai gagné ma partie de ping-pong avec notre photographe chômeur après avoir été mené de dix points.

Morcheeba : entendu mais pas vu, il y avait des petits fours à l’espace VIP. Ils ont chanté leurs petits tubes.

Cold War Kids : pas trop mal pour un groupe en déclin constant.

Aaron : il se passe quelque chose de fantastique pendant leur concert. Le chanteur et le gratteux de Cold War Kids font une partie de ping pong à l’espace presse, et quelle partie !

Concrete Knives : pas mal, à suivre.

ZZ Top : très très sympathique, poussif mais moins que Motörhead la veille, très bon souvenir.

Stromae : j’ai une tête à aller voir Stromae ?

TROISIÈME JOUR, ambiance

Anna Calvi : beaucoup de poses, pas assez de chansons pour cette croyante en la prédestination au pays du calva.

Eels : super concert, on en parle plus longuement bientôt.

The Kooks : ils ont fait danser les filles.

Keziah Jones : pas vu, pas entendu, j’étais au poste car ma carte d’identité est périmée.

Zazie : vue à la cantine, se baladant à la « je ne veux pas que tu vois que c’est moi Zazie mais c’est moi quand même », entendue pendant qu’on regardait Eels jouer au croquet. Les trois jours suivants avec « Je suis un homme » en tête. Sympa.

Patrice : idéal pour s’en rouler un quand on est adepte des clichés, ce que nous ne sommes pas.

Archive : le Massive Attack du pauvre. Des chansons longues, prétentieuses et chiantes mais leur concert était vendu officiellement comme « le grand moment du festoch », dont acte.

Ting Tings : restant traumatisés par leur concert de l’an dernier à Rock en Seine, nous étions quelque part entre Le Havre et Rouen à ce moment-là.

Mine de rien, le Festival Beauregard est un sacré festival. Carrément classe même. On passera sur le concept de John qu’on n’a pas très bien saisi (on n’a pas trop cherché non plus) et sur le fait que les 18-30ans semblent totalement absents du public pour ne retenir qu’un cadre idéal, une affiche variée et réussie de certes seconds couteaux mais qui font le boulot. Exactement ce que nous n’avons pu faire alors qu’on avait des tas de choses sympas à dire. Des impressions et des ambiances puisque c’est ce qu’on nous a accordé…