Queens Of The Stone Age ✖︎ Le Trianon ✖︎ Paris

vm5
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Un album décrié dès la première minute n’aura pas suffi à calmer les ardeurs d’une bonne partie de l’Internet un mercredi 11 juin pour s’arracher le millier de places disponibles pour une soirée en quasi tête-à-tête avec les Queens of The Stone Age. Bien loin des Bercy et des scènes de festivals à 50 000 personnes, on aurait de nouveau l’occasion de juger si la foire d’empoigne valait le coup et le coût, fixé à 50 €. 2 ans presque jour pour jour après un concert épique à l’Olympia pour la tournée encadrant la ressortie de leur premier album, les QOTSA illustraient donc le récent …Like Clockwork considéré comme un coup d’arrêt dans la disco du groupe par beaucoup.

Masters of the Reality assura la première partie en y allant crescendo. Une force tranquille d’apparence pour un son stoner et entêtant qui prendra de l’ampleur à chaque titre. Quelques connaisseurs rôdent dans les parages et on se souviendra pour l’anecdote que le frontman Chris Goss a participé à plusieurs morceaux de la tête d’affiche de la soirée. Un dernier morceau efficace bouclera les 40 minutes d’un set efficace et plaisant, sonnant comme une belle mise en jambes pour la suite des événements.

L’étau se reserre et la deuxième bière se commande en attendant que la foule de roadies veuille bien installer cables, projos et instruments au programme. Le temps de se rendre compte qu’on a déjà plus beaucoup d’espace vital et les lumières s’éteignent. L’écran affiche déjà les illustrations aperçues dans les clips pour s’ouvrir sur les premières notes de « Keep Your Eyes Peeled » et l’apparition du groupe, déjà comme à la maison au vu des cris gutturaux de l’assistance. Deux accords plus tard, nous voilà projetés vers l’avant et on se retrouve à 3 mètres juste devant le rouquin le plus adulé de la planète. A l’époque où tout arrive sur Youtube en moins d’un tour d’horloge, on n’est pas surpris d’entendre que ça sonne bien mais on peut par contre être assurés que le son est bon. Il faudra attendre 3 morceaux pour que Josh Homme s’adresse au public, fait plutôt rare pour un bonhomme jamais avare en blagues. Le groupe est concentré, à l’image d’un Dean Fertita appliqué ou d’un Mickey à la moue renfrogné toujours là lorsqu’il s’agit de secouer sa mèche.

Réputé pour être difficile et parfois distancier, le public parisien n’aura pas fait la mijorée une seule seconde dans une atmosphère bon enfant, folle mais suintante à crever. L’intégralité du dernier album aura été joué, à l’exception heureusement de la fatigante Fairweather Friends. Avec ce nouveau line-up, le groupe est encore une fois impressionnant de puissance, de maîtrise et de facilité comme peut l’approuver l’excellente version de I Appear Missing, déjà reconnue comme l’un des meilleurs morceaux de …Like Clockwork qui se retrouve ici doublée de durée. La soirée passe à une vitesse folle et des classiques s’invitent bien entendu à la fête comme « No One Knows », « Burn The Witch » ou encore l’inattendue « I Think I’ve Lost My Headache », toutes reçues avec la même ferveur. Plaisir de la soirée, « A Song For The Dead », disparue des setlists pendant des années débarque sans prévenir.

A l’aune du rappel, Josh Homme nous la joue tranquille avec le titre éponyme de …Like Clockwork pour mieux asséner un « Go With The Flow » orage apocalyptique où tout le Trianon saute à pieds joints et montre ses amydales au plafond. Une salle d’une beauté rare qui a la faculté de bien se prêter aux concerts rocks avec son sol rebondissant. A la fin de cette heure et demie, on se sent à la fois vidé et comblé. Le rappel a été écourté et « A Song for the Deaf » n’aura pas été joué. Dans le même registre, des habituées des tournées précédentes comme « Feel Good Hit of Summer » ou « Make It With Chu » ont disparues. En réalité, on s’en fout pas mal et le sentiment d’avoir vu l’un des concerts de l’année n’est pas altéré. C’est avec plaisir et impatience qu’on reprendra notre dose en novembre prochain au Zénith cette fois.

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