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Jeudi 29 mai 2003. Bordeaux. Rock School Barbey. 20H07. J’arrive devant la salle où manifestement, je ne suis pas le seul a être tout excité à l’idée de voir ce concert événement. Et le mot est faible ! Car 1H30 de compos inédites de Gojira, et qui plus est, qui ne seront pas rejouées après cette date, est pour moi un événement exceptionnel auquel je serais allé même poursuivi par deux percepteurs d’impôts et une meute de loup à mes trousses en courant sur mon unique jambe attachée à un boulet!!

Oui oui ! Vous avez bien lu – malgré la longueur de la phrase – : lors de cette soirée, Gojira nous promet un set d’1H30 totalement inédit, et totalement exclusif ! Je m’explique. Le show fait en fait parti d’une des 10 soirées du 3ème Printemps de Cinéconcerts. Qu’est-ce que c’est que ce monstre ? Et bien un cinéconcert est en fait la projection d’un film durant laquelle un groupe interprète des compositions qui servent de bande musicale au film. Ainsi, au milieu de musique classique, de Jazz ou de pop-variété, l’une de ces 10 soirées s’était donc tournée vers le Metal. Et plus précisément, le Death Metal landais de Gojira. Et si le choix s’est porté sur une musique si “musclée”, c’est que le film ne l’est pas moins! Il s’agit du Péplum muet de 1926 Maciste aux Enfers.

On entre donc dans Barbey, et la première chose qui choque, c’est que des sièges ont été installés dans la fosse. On a pas l’habitude de voir la salle ainsi amenagée! Ce soir donc, tout le monde assis!

Pas de première partie non plus, puisqu’il ne s’agit pas à proprement dit d’un concert. Enfin si : on a eu le droit à un gros lourdos qui nous a expliqué tout l’historique de ce Printemps des Cinéconcerts. Il faut avouer que même si on s’efforce de l’écouter les 3 premières minutes, les 17 suivantes sont TRES longues. Sauf peut être pour les personnes ayant dépassées la cinquantaine présentes dans la salle. Car oui, il y avait une bonne vingtaine de personnes ayant à priori plus de 50 ans – qui ne savent apparemment pas encore ce qu’ils vont se prendre dans la gueule – . Certainement ceux qui font le Marathon de ces cinéconcerts.

Le show débute enfin. Etant prioritairement une séance de cinéma du fait des sièges installés dans la fosse, c’est sans surprise que je voie la salle se plonger totalement dans le noir. La bande du film commence à défiler, et ça s’entend! Le projecteur doit dater de l’époque du film ! Une fois le générique d’intro passé, Gojira entre enfin sur scène et les membres se placent bien autour de l’écran pour ne pas gêner la visibilité du film. On a donc un groupe dans le noir, et placé 2 à gauche, 2 à droite… Concept tout ça quand même…
Gojira arrive à merveille à donner une ambiance à ce film. Les riffs sont quelques peu récurrents, mais colle parfaitement aux différents moments du film. Des riffs très musclés qui rendent l’enfer encore plus angoissant, des passages relativement joyeux et accalmés lorsque Maciste est avec sa belle… Une grosse partie de ces compos étaient instrumentales, et seul à 2 moments, Joe est venu poser sa voix. Des samples préenregistrés par le groupe sont là pour bruiter légèrement le film. Mario suivant les passages du film, passe d’une batterie à l’autre. Car oui il y a 2 batteries sur scène. J’avoue ne pas trop avoir compris pourquoi, car elle avait l’air de sonner identiquement.

Les 1H30 de film finis, c’est humblement que le groupe quitte la scène, sans un mot, mais revienne rapidement remercier l’audience qui est debout, conquise, en train d’acclamer Gojira pour leur performance. Les Landais ne s’éternisent pas, car dans moins de 10 minutes, ils vont refaire une seconde séance. Et oui ! C’est ça le cinéma !

Un concert unique (enfin presque vu qu’il a été fait 2 fois), qui était à ne pas manquer pour tout fan – ou non – de Gojira.