Votre mot de passe vous sera envoyé.

C’est en ce mardi 10 Juillet que nous avions rendez-vous avec les Foo Fighters pour découvrir leur nouvel album studio. Le rendez-vous était donc donné dans un lieu assez branchouille pour qu’on se dise que poser une pêche dans des toilettes aussi classes relèverait du sacrilège. C’est donc au Kube que VisualMusic se retrouvait parmi la cohorte de journalistes venus (à la base) écouter ce nouvel album et accessoirement rencontrer le groupe.

Quasiment 20 heures pétantes et voici le groupe dans la salle face à nous, et comment ne pas trouver troublant de voir Dave Grohl s’adresser directement à nous quand il évoque ce nouveau “Echoes, Silence, Patience And Grace“. C’est donc avec une certaine émotion qu’on écoute cette légende vivante du rock expliquer, accompagné de son groupe, que cet album s’est fait après toutes les tournées engagées par le groupe aux Etats-Unis et alors qu’ils étaient à leur sommet, cette envie irrépressible d’enregistrer à nouveau, de se mettre en danger et non pas de se reposer sur leurs lauriers en s’y remettant le plus vite possible. N’hésitant pas même à se mettre en péril en assurant les premières parties de Bob Dylan, un certain anonymat retrouvé et malgré tout apprécié car il leur fallait à nouveau convaincre un public loin d’être acquis à leur cause. De la bouche même du chanteur, c’était une expérience qu’ils ont adorée car il y avait longtemps qu’ils n’avaient pas eu à se plier à ce genre d’exercice. Un exercice live tout aussi apprécié au très récent festival du Live Earth donné à Londres et dont ils revenaient tout juste, Dave considérant d’ailleurs celui-ci comme l’un des meilleurs concerts donnés par la formation. Jouer 20 minutes, le temps de 5 titres, pour 70 000 personnes réunies dans un même stade pour un potentiel de 2 milliards de personnes devant leur écran de télévision, le poing levé et appréciant leur musique. Souvenir incroyable pour un artiste qui allait nous prouver durant toute la soirée que malgré sa solide carrière, il est restée quelqu’un de très simple et de très accessible (pour notre plus grand bonheur).

Grohl confiera aussi que sur les 70 titres enregistrés, seuls 12 auront été gardés, le but ayant été de n’en conserver que le meilleur, c’est-à-dire des titres qui plairaient à tous les membres du groupe sans exception, peu importe qu’il y ait du piano, du violon ou de la guitare, du moment que ceux-ci faisaient l’unanimité. Cet album était aussi l’occasion de remettre aux commandes de la production, Gil Norton, déjà crédité pour le deuxième album de la formation. Ce qui n’était pas forcément synonyme d’un retour en arrière car Dave Grohl l’avoue, il a vieilli, il a 38 ans mais il a surtout eu envie de toucher un nouveau public et l’envie de surprendre ses fans de la première heure. C’est pourquoi il recommandera plusieurs écoutes avant de se faire une idée définitive de l’album, après tout les Foo Fighters changent et il en va de même pour leur musique, en tout cas, une chose est certaine, ils sont très fiers de leur album.

C’est malheureusement dans un réel brouhaha que se fera l’unique diffusion de ce nouvel album, la plupart des journalistes présents, très certainement rompus à ce genre d’occasion n’étant là apparemment que pour tailler le bout de gras avec Dave après diffusion du disque, nous avons donc tant bien que mal tenté d’écouter le plus attentivement possible ce sixième album studio l’oreille collée à l’une des enceintes, petit compte rendu.

Le premier titre n’est autre que le single qui débarquera cet été sur les ondes radio, “The Pretender“, on ne vous le cachera pas Jye et moi avons trouvé le morceau énorme ! Après une intro calme, la batterie insuffle au titre une pêche détonante ralliée par une ligne de basse aussi lourde qu’efficace. L’ensemble est composé de ruptures entre moments explosifs et passages plus tempérés à la manière du tonitruant single “All My Life” (période “One By One“). Oui, ça envoie du bois ! Un titre idéal pour un premier single avec un pont typique du groupe ne cessant au final de monter crescendo.

Let It Die” marque une certaine volonté du groupe qui perdurera tout au long de cette écoute, c’est-à-dire allier le son acoustique à l’électrique. Ici, c’est donc la guitare sèche qui ouvre trompeusement les hostilités façon “Skin & Bones“, la batterie jouant une nouvelle fois le rôle de moteur à la démente partie électrique qui suivra. La montée en puissance du morceau atteignant un paroxysme improbable sur son final avec un Dave Grohl hurlant “Let It Die” !

Erase/Replace” est l’occasion pour nous de vérifier que la production est vraiment impeccable, pas d’ajout superflu, ça envoie sec avec une batterie décidément implacable, d’une énorme ligne de basse, de guitares survoltées, limite dissonantes pour une outro tout en instrus qui nous aura cloués sur place.

Long Road To Ruin” marque le premier changement de registre, se caractérisant pas un côté pop assez présent, les guitares se font désormais plus claires, plus légères, accompagnées par (m’a-t-il semblé dans le bruit) quelques choeurs lui conférant des atours de teenage rock qui nécessiteront sûrement d’autres écoutes malgré un refrain qui a emballé notre Jye.

Come Alive“, ou comment ne pas voir l’influence de la tournée du groupe avec l’artiste Bob Dylan ? Le titre semble tout droit émaner d’une session à la “Skin & Bones” dans sa première partie, Dave Grohl s’y fait plus touchant que jamais accompagné de sa simple guitare acoustique. La partie électrique étant une nouvelle fois entamée par la batterie de Taylor Hawkins, le titre se muant inexorablement en morceau électrique sans pour autant s’emporter. Les “Come Alive” répétés du chanteur conférant au final une véritable sensibilité au titre.

Stranger Things Have Happened” perpétue cette volonté acoustique toute Dylanesque du groupe avec un simple duo voix/guitare proche du registre pop/folk. L’enregistrement est tel qu’on semblerait être aux côtés du chanteur lors de la prise du titre, le moindre glissement de doigts sur la guitare ayant été capté agrémenté par un tenace solo de guitare sèche.

Cheer Up Boys (Your Makeup Is Running“) sonne le retour du groupe au gros son avec une intro typique emmenée par une guitare bien puissante. Très catchy, le titre aurait pu faire office de premier single avec ses couplets pop cernés par les refrains et les ponts rock du titre. Efficace, vous avez dit efficace ?

Summer’s End“, avec un titre pareil, comment ne pas se douter que le titre n’allait pas être plus tranquille. Pop à souhait, “parfait pour serrer les gonzesses” selon certains, le titre mid-tempo transpire la nostalgie sans se faire pleurnichard pour autant, l’habileté guitaristique de Dave se faisant une nouvelle fois éclatante.

The Ballad Of The Beaconsfield Miners” est en fait une instrumentale semblant tout droit sorti de la profonde campagne américaine, il ne manque d’ailleurs plus que le banjo ! Ce qui au final ressemblait à un titre country aura été corrigé par Dave lui-même comme un titre de bluegrass qui au final, amusera un peu mais s’avérera un peu trop long.

Statues” fait partie de ces titres qui risquent de surprendre car on est bien loin du style Foo Fighters, la composition étant emmenée par les claviers à la limite du gospel dans son intro ! Assez marquée par une ambiance 80’s avec sa guitare groovy et son harmonica ou encore son doux solo électrique, la chanson s’avère une synthèse presque parfaite du double album “In Your Honor“.

But Honestly“, fait partie de ces titres trompeurs dont l’intro calme n’augure en rien du déferlement de watts qui va suivre ! La simple guitare acoustique étant ralliée en cours de route par les autres musiciens, insufflant par là même une montée en puissance assez énorme, dont le summum tiendra en un solo de gratte à vous en arracher le crâne de la colonne vertébrale tant vous secouerez la tête ! On souhaiterait presque qu’il n’y ait que des titres de cet acabit sur un futur album. Il a beau avoir 38 ans le Dave, il sait toujours nous faire bouger.

Pour conclure cet album, c’est le titre “Home” qui a été choisi avec son intro au piano, ce titre calme confirmant que Dave Grohl est irréprochable dans son rôle de vocaliste pour ceux qui oseraient encore en douter.

Fin de l’album et retour du groupe largement applaudi par une nuée de journalistes qui se sera plus éclipsée pour aller au bar que pour prêter une réelle attention à cet album mais soit. Dave clame bien haut que plus il boit, plus il parle de l’album. Merci l’open bar ? Très certainement car si l’intégralité du groupe se prête volontiers à l’exercice de promotion en discutant avec les uns et les autres en se montrant très accessibles, le batteur Taylor Hawkins et le guitariste Chris Shiflett s’éclipseront peu après que nous ayons eu la possibilité de discuter avec chacun de nos impressions. Passés ensuite en mode groupies, nous récoltons quelques photos et autographes toujours accordés avec un grand sourire et de franches poignées de main qui nous auront tous ravis. Summum du bonheur, un concours de circonstances fera que Dave, s’avouera impressionné par l’idée qu’on puisse faire plusieurs heures de route pour simplement le rencontrer, n’hésitant pas même à nous offrir une bière ! Oubliez Fonzie car si George Abitbol est l’homme le plus classe du monde, Dave Grohl est désormais l’homme le plus cool sur Terre. Simple, accessible à souhait, ouvert, il vous donne l’impression d’être un pote de plusieurs années par sa simplicité et son naturel, j’aurai même l’occasion de lui faire un “french massage” sur le ventre tout en déconne qu’il se fera un plaisir de souligner par de petits et franchement rigolos “hooou hoooooou“.

Pour revenir sur leur sixième album, il est certes trop tôt pour dire si oui ou non cet album sera excellentissime mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a déjà quelques titres qui seront à coup sûr des tubes, quant aux autres, c’est le nombre d’écoutes qui nous révélera s’il en va de même, un constat s’impose néanmoins, il va être très très dur de patienter jusqu’au 24 septembre, date de sa sortie.

VisualMusic tient à remercier le groupe d’être ceux qu’ils sont, le label RCA et surtout notre ami et partenaire de toujours, le sympathique Cédrick Lohou.