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A l’heure où toute personne normalement constituée lance un cocktail molotov sur sa TV/ radio dès qu’il entend le mot pagaille, c’est un beau bordel d’idées que je dois mettre en ordre pour ce petit bilan 2010. Tout le monde il a raison tout le monde il a tort. Sauf moi qui n’ai que raison. Il y a des choses indiscutablement vraies toutefois. VisualMusic est hype. Allez, vous pouvez nous le dire maintenant, si vous n’avez que peu commenté les live-report des festivals de l’été dernier c’est parce que vous étiez dégoutés de nous voir définitivement plus cool que vous. Vans Warped Tour, Belfort, Rock en Seine, Main Square, Route du Rock, Dour, Garorock, les Ardentes, c’est bien simple nous (et vous avec nous, love les mecs) étions sur tous les fronts. Puisse cela continuer.

Des gens bien ont profité de 2010 pour passer l’arme à gauche, vers le rouge coco de Visual (nous sommes partout) et on serait bien triste d’en oublier donc on ne les citera pas mais on ne les oublie pas. 2010 wasn’t rock n’roll, it was genocide.

Gêne aussi de devoir évoquer cet absentéisme de plus en plus flagrant des groupes qu’on aime en France, qui n’est pas une nation live selon certains promoteurs. La faute à qui ? Pas à nous, on se casse le cul pour le rock sur ce site mais le net en France est encore vu comme le mal alors qu’il est le mâle dominant. Merci donc aux quelques groupes qui viennent encore goûter nos fromages. Taper du pied dans des péniches sordides, on n’a jamais fait mieux et ce n’est pas près de s’arrêter.

Le Saint Empire Romain de l’industrie tire toujours ses balises de détresses à coup de rééditions, remasterisations et autres inédits de gens morts, mais en 2010 Michael Jackson n’est pas remort ni The Beatles reremasterisés pour rapporter du pognon.

Musicalement, dur de trouver un vainqueur incontestable malgré presque 200 disques chroniqués cette année mais on a envie de citer en premier The Black Keys qui deviennent gros à la dure, en sortant bons disques après bons disques et se coltinent des awards catégorie « Révélations » me dit Nox. Le mainstream est un monde étrange. La hype aussi qui nous a survendu des disques juste ok (Broken Bells, un peu, The National, Arcade Fire, beaucoup) et finalement les disques les plus attendus ne dépassent pas vraiment l’enthousiasme pré-sortie au mieux (Gorillaz, Tricky, Daft Punk, Deftones) et beaucoup sentent vraiment très mauvais (Korn, Linkin Park, Serj Tankian, Filter, Massive Attack). Vampire Weekend fait du surplace, The Coral aussi et il paraît que Foals c’est bien. Dommage qu’on n’ait pas envie. Encouragements à MGMT qui a tenté. The XX s’est imposé mais le groupe sent trop la toison pubienne mouillée -comme Twilight– pour être pris au sérieux.

Que reste-t-il donc ? Au rayon indé, de belles satisfactions comme Beach House, Morning Benders, Local Natives, le très beau John Grant, She & Him a sorti un album intrinsèquement meilleur que le premier chose que mine de rien plus personne ne fait . Et dans la série personne ne les écoute mais ça déchire : Greenhornes et You Am I.

Boris_Neo, sortant d’un bar à putes, me dit qu’il a été bien excité… par la scène underground couillue anglaise (Chickenhawk, Pulled Apart By Horses, Humanfly ) et je lui rétorque en sortant du Strato que c’est la scène indie pop ricaine qui déchire tout (Best Coast, Girls, Smith Westerns, Harlem) même si évidemment ce sont les moins bons qui ont décroché la timbale (The Drums). Et qu’ils ont tous l’air pédé comme des phoques.

Dookie, tellement irlandais que même son chibre sent la Guiness, s’est amoché le crâne au Oceansize, puis a célébré les bizarreries locales Adebisi Shank et And So I Watch You From Afar. On a remarqué qu’il s’est dangereusement acoquiné avec Hilikkus. Justme les a surpris se vautrer dans le stupre avec The Dillinger Escape Plan, I Pilot Dæmon, As We Draw et Sna-Fu. Par contre, Dookie a refusé de se compromettre comme le punk avec Uncommonmenfrommars. Il y a des limites à la luxure.

Puisqu’on parle d’érection, les chibres de Bjorn et Phoenix s’élancent quand on en vient à évoquer Kvelertak et tous ces petits groupes scandinaves comme Masshysteri qui ont désormais bien mieux à faire que de jouer avec des allumettes dans les églises et qui mixent avec soin métal et rock n’ roll.

Quid de ces artistes matures compensant le manque de fraîcheur par l’expérience ? Le retour de Soundgarden s’est fait loin de chez nous, dieu merci, et la qualité de celui de Pavement n’a pas caché le fait que le cœur n’y était pas vraiment. Et Hole qui ignore ce que respectabilité veut dire. Tant mieux. Seul Paul Weller parvient à allier ride, bide et hit. Les gros bras unis n’ont guère convaincu non plus, Brian Wilson a sorti un disque de Gerschwin sans surprise ni génie, The Dead Weather est accueilli poliment mais sans débordement (sauf de la part de Palem qui a envoyé un colis piégé à TGC en voyant sa chronique mitigée) et Them Crooked Vultures avec un enthousiasme plutôt feint. Pour ces deux groupes, on attend gentiment que leurs membres se mettent aux choses sérieuses. Avec leurs formations d’origines, même si Dave Grohl aura du mal à refaire un nouveau Nirvana

Ils n’étaient pas là en 2010 mais les gros reviennent en 2011. On attend, enfin façon de parler, U2, Coldplay, Foo Fighters et Elbow (marrant comme chacun de ces groupes est au stade suivant de l’évolution de son suiveur) et évidemment Radiohead. Sans oublier à divers degrés d’anticipation Glassjaw, Metallica, Queens of The Stone Age, Beady Eye, The Wombats, REM, Beastie Boys, Fleet Foxes, Lady Gaga (ben ouais de toute façon sans l’écouter vous l’entendrez quand même…), The Shins, PJ Harvey, Battles et peut être The Strokes, 10 ans après.

Au final, comment résumer 2010 en quelques mots ? Simple. Les suce-couilles d’un côté ont réussi grâce à une hype folle et sont prêts à tout pour manier la langue de bois. De l’autre les nantis ont parfois joué les rebelles, ont plus souvent fait les mange-merdes. En 2011, ce sera encore pire.

On a hâte d’y être.

Bisous les amis.