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2013 est une orgie musicale sans nom. En termes de quantité au moins avec un nombre de sorties difficile à suivre entre les pointures qui sortent d’une longue absence, de grands noms qu’on n’attendait plus et d’autres groupes plus mineurs mais prometteurs qui se devaient de sortir leur nouvelle galette dans cet éminent bordel.

A l’aune de l’été et des premières journées à baver sur la plage dans votre maillot jaune fluo, il est temps de faire un premier bilan à mi-chemin pour voir qui a eu raison de sortir la tête du studio. Puisque chacun des membres de notre rédaction a son mot à dire, vous lirez un à un leurs avis sur la questions ci-dessous.

Hilikkus :

Ce premier semestre 2013 a été chargé en grosses sorties. Nombre de poids lourds (The Strokes, Phoenix, Queens Of The Stone Age) et de jeunes pousses en attente de confirmation (Vampire Weekend, Local Natives, And So I Watch You From Afar) se sont pointées avec du nouveau matériel pour nos oreilles avides de fraicheur. Le résultat est mitigé car si personne n’a commis de fautes de goût irréparables, très peu de ces nouveautés laisseront une trace dans nos mémoires. Seul The Dillinger Escape Plan dans un style certes autrement plus fougueux s’en sort avec les honneurs.
C’est donc du côté des groupes plus confidentiels qu’on trouvera de quoi se réjouir, avec les hippies-punk de RVIVR, les troubadours de Streetlight Manifesto, les survivants de l’apocalypse Sofy Major et les jeunes naïfs de Fauve dont on attend de voir s’ils survivront à leur hype.

kromagnon :

Dans l’ensemble la classe s’est montrée studieuse, appliquée et pertinente. Un grand merci à Paul Westerberg pour ses remplacements en début d’année, ainsi qu’à David Bowie le jour suivant. Au premier rang John Grant et Christopher Owens ont rendu de superbes copies, avec l’esprit d’initiative qui différencie un cador d’un simple bon élève. Les Eels ont été meilleurs à l’oral qu’à l’écrit mais brillants tout de même, et les jumeaux bon chic bon genre Zooey Deschanel et M. Ward n’ont pas déçu. Les petits nouveaux quant à eux se sont bien adaptés et Ruben Nielsen en particulier a fait d’étonnants progrès avec son “Unknown Mortal Orchestra“, même s’il continue de fumer en douce avec les dissipés Deerhunter et l’éternel redoublant Kevin Shields. On les pardonne tout de même car eux au moins ont fait leurs devoirs, contrairement aux Strokes et aux Queens Of The Stone Age, ces fayots paresseux qui profitent de leurs tronches de premiers de la classe pour ne rien foutre. Ou si peu. Des heures de colle en perspective. Même les cancres du dernier rang se sont montrés plus participatifs et assidus, les insolents Mudhoney qui balancent des boulettes de papier en cours du soir et leurs acolytes jean-foutre des Meat Puppets. En attendant les examens de cet été, la rentrée et les remises de prix de fin d’année, on peut déjà dire que la promotion 2013 est l’une des meilleures de ces dernières années.

Lopocomar:

And So I Watch You From Afar remporte de loin le prix de la patate de ce début d’année avec un album enjoué et pétaradant. Comme votre pote bourrin toujours prêt à enquiller une nouvelle pinte, même si c’est pour la vomir sur vous dans le quart d’heure qui suit : on revient sur cette troisième fournée avec le sourire. Dans un autre registre, Savages n’a pas laissé la gouache au vestiaire et en 11 morceaux se fera une belle place dans les tops de fin d’année. Des guitares, des cris, des meufs, une basse qui sonne, une formule connue qui fonctionne. David Bowie, le nom référence lié à trois autres mots en « ie » depuis 10 ans : génie, nostalgie et nécrologie. Finies les rumeurs, “The Next Day” a inondé les espaces publicitaires et fermé nos bouches. Efficace, long et endurant, le père David ne tourne pas au Viagra, il le sécrète. Même crème anti-rides et traitement contre les rhumatismes pour Depeche Mode et son “Delta Machine” à la fois lent et déséquilibrée mais qu’on écoute toujours avec le plaisir de la découverte. Un son épuré et des claviers qui rappeleront les meilleurs albums, il ne reste plus que la voix sexy de Gahan pour nous emballer. Dave, notre 06 en DM. #catin

Enfin, en marge de bien des pisses-froids, la trentaine d’écoutes de “…Like Clockwork” m’aura démontré que mon amour pour Josh Homme et sa bande n’a que peu diminué et c’est le pantalon serré que je me déplacerais au Zénith en novembre.

Rouliane:

Ce début de cuvée 2013 est assez partagé, ballotté entre réussite et plantage. Beaucoup de retours, hélas souvent perdants (Foals, Guards, The Strokes, Phoenix), mitigés (Daft Punk, John Grant, ASIWYFA) même si parfois assez concluants (Born Ruffians, Thee Oh Sees, The Growlers). Shannon Wright nous a ressorti sa panoplie de suicidaire qui gerbe son spleen dans une cave, pendant que La Femme déçoit avec un premier album qui n’a pas inventé l’eau chaude et se permet en plus d’être tiède. Veence Hanao convainc quant à lui avec un deuxième album troublant et diablement bien ficelé, pour les amateurs de hip-hop de grand cru. Dans les réjouissances pop, on retient l’album de Generationals, le retour attendu de Painted Palms et le premier EP du trio marseillais Husbands. Espérons cependant que le second semestre soit plus convaincant, on compte sur lui.

Les 7 premiers mois de l’année écoulés, on s’aperçoit que la moitié des cartouches ont été tirées à blancs. Il nous reste de gros calibres à dégainer avant de voir le Père Noël débarquer avec entre autres Nine Inch Nails, Franz Ferdinand, MGMT, Pearl Jam, Arcade Fire prêts à artiller.