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Goethe décrivait Leipzig comme un petit Paris allemand. Et il n’avait pas tort. Le samedi soir, le nombre de concerts pour cette ville d’un demi million d’habitants est phénoménal. On se perd même dans l’offre. Mais bon, comme il faut bien choisir une accréditation pour le weekend, je me suis décidé à faire la connaissance de Hot Club de Paris le soir même de leur concert, le 10 février dernier. Après une heure d’attente et un report d’interview, me voilà enfin devant les trois comiques de la nouvelle hype made in Liverpool.

Salut Matthew !
Matthew : Salut mec, on est vraiment désolés pour tous ces contre-temps, mais c’est la faute du chauffeur de taxi, il connaissait pas la salle Erika, du coup il nous a planté en plein milieu de Leipzig et cela explique notre retard, on est sincèrement désolé.

Pas de problème, ça arrive. Alors vous avez formé le groupe en 2004, signé sur Moshi Moshi Records en 2005, sorti votre premier album en octobre dernier, votre prochaine étape, c’est la tournée mondiale avec les Beatles en première partie ?
Matthew : (rires) Ouais carrément, on pense qu’ils font de la bonne musique, alors pourquoi ne pas leur donner un coup de pouce !

Mais plus sérieusement, votre premier album “Drop It ‘Til It pops” est sorti en le 9 octobre 2006 et dans la foulée, le grand John Kennedy (ndr : gourou de la radio XFM London) a affirmé que c’était le meilleur albulm paru en 2006. Je voulais savoir quelles avaient été les conditions d’enregistrement de l’album.
Matthew : On s’est réservé une semaine pour répéter les morceaux et les réarranger si besoin, mais au final, les morceaux n’ont pas beaucoup changé, on a gardé l’essence pour qu’ils restent aussi frais qu’à leur écriture. On est rentré en studio pour enregistrer le tout à Liverpool et on a repris quelques guitares et ajouté quelques effets. Au final, l’album sonne quand même comme un Live de Hot Club de Paris.
Alaidar : Oui, en fait, on s’est posés dans une pièce, et on tout enregistré live. On a fait ça en quelques jours.

Pas mal de groupes reviennent à ça ces temps-ci, nostalgie de l’époque Led Zep ?
Matthew : Oui sûrement, mais c’est ce qu’on aime le live. On veut juste jouer, alors le reste tu sais…

Oui justement, j’ai l’impression que vous vous moquez de pas mal de choses, qu’elles vous sont bien égales finalement. Par exemple, les titres des chansons, comment vous les avez trouvé ? Ils sont un peu… atypiques…
Matthew : En fait, on est allé se bourrer la gueule à la fin de l’enregistrement, on a pris une feuille de papier, une demi-heure de notre temps, et on a torché tout ça. La plupart des titres sont juste des phrases des chansons de notre album, par exemple “Sometimesitsbetternottostickbitsofeachotherineachotherforeachother”.
Alaisdar : C’était surtout pour emmerder Steve de Moshi.
Paul : Et ça l’a bien fait chier !
Matthew : Oh oui, et c’est un truc dont on est très fiers.

Je vois… Votre musique est assez sophistiquée, je veux dire, c’est assez technique tant au niveau batterie qu’au niveau guitare. c’est une manière de vous lancer des défis et de ne pas vous ennuyer ?
Alaisdar : Exactement. C’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle on fait de la musique. Sinon on s’ennuirait, là on progresse, on s’amuse et c’est cool comme ça. Mais on ne se dit pas : “Ok les gars, maintenant on compose un nouveau morceau, on va le faire en 8/6 plutôt qu’en 5/4”. Non, on joue, et on se rend compte après de notre génie créatif (rires).

Comme sur le titre “3:55 You Should Go Home” , vous avez glissé une référence à ça non ?
Matthew : Exact. (Ndr : en Anglais : 3:55 est dit “five to four”, soit écrit en langage musical : 5/4)

Il y a d’autres blagues cachées sur l’album ? je ne comprends pas par exemple le chanson zéro inscrite sur le livret, elle existe ?
Paul : Oui, le titre “Welcome to Hot Club de Paris (Can I Get A Rewind?)” existe, et la solution est dans le titre : il faut jouer la piste une à l’envers en fait, d’où le Can I Get A Rewind ?

D’autres subtilités, d’autres blauges ?
Matthew : Le groupe entier est une blague
Alaisdar : Cet enculé de taxi est la plus grosse des blagues.

Hmm… Sinon vous finissez la tournée allemande, vous allez où après ?
Matthew : On finit l’Europe, on rentre au Royaume-Uni, ensuite on part aux Etats-Unis, puis l’Australie, le Japon, le Brésil, la Chine… (Ndr : info à prendre avec précaution, l’humour anglais pour cause…)

Qui d’entre vous aime le jazz ? Parce que votre nom vient bien de la salle de jazz Hot Club de France non ? Pourquoi ce nom en fait ?
Matthew : C’est très simple, on avait un nom merdique, alors j’ai pensé à celui-là un soir d’ivresse, j’ai trouvé ça drôle, les autres ont dit oui, et depuis on a ce nom à la con.
Paul : Ouais et pas moyen d’en sortir, le nom d’un groupe est une prison (Ndr : il me regarde d’un air inquisiteur). Il n’y a pas d’issue !
Matthew : Mais pour revenir à ta question, ouais on aime le jazz, je suis un fan de Reinhard par exemple.

Et puis de hardcore aussi non ? On sent une petite influence quand même.
Alaisdar : Matthew a joué dans un groupe de hardcore avant, c’est exact.
Matthew : Oui, j’aime beaucoup Black Flag.

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions, vous m’avez un peu perturbé avec vos pitreries mais bon, je pourrai en sortir quelque chose.
Matthew : (rires) Mais merci à toi surtout ! Et encore désolé pour le retard. Connard de taxi… On boit un coup après le concert ?

Des types adorables, des gamins en fait. On a bu ce coup après le concert, ils ont échangé des numéros de téléphone avec des filles et je suis rentré me coucher.