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A l’occasion de la sortie de Tiny Telephone, déjà dans les bacs, les espagnols de The Sunday Drivers répondent aux quelques questions que nous leur avons posé concernant leur nouvel opus.

Vous nous revenez deux ans après Little Heart Attacks qui vous a ouvert les portes du succès, notamment en France où il a vraiment bien marché.
Comment on se sent après la sortie d’un album et une tournée notamment dans les plus grands festivals européens ?
Jero : Face au succès en France notre première réaction a été la surprise. L’album est sorti en France un an après la sortie en Espagne et on a mis un peu de temps avant de jouer ici, on ne ne savait pas comment réagirait le public français. Quand t’es un groupe et que tu sors un disque, la première chose à laquelle tu penses, c’est pas d’exporter ta musique. Pour nous ça a été une chance de pouvoir l’exporter.

Lyndon : En vérité… on est toujours aussi surpris quand on voit le succès qu’on a ici.

Et quels sont aujourd’hui vos espoirs pour Tiny Telephone, à paraître le 24 avril prochain ?
Jero : Comme pour Little Heart Attacks on espère rien, parce que de toute façon, quoiqu’il se passe, cela dépassera nos attentes.

Vous avez néanmoins récemment annoncé, dans un interview accordé à un magazine espagnol, qu’il n’était pas “normal” de ne pas avoir reçu de critiques négatives pour ce deuxième opus.
Fausto : C’est moi qui ait dit ça, et je regrette. Ce qu’on voulait dire, c’est qu’en Espagne généralement quand tu sors un 1er album qui est super bien reçu par les critiques, le 2ème est toujours descendu par ces mêmes critiques. Dans notre cas, notre second album n’a pas reçu de mauvaises critiques et ça nous a paru étrange !

Tiny Telephone est doit son nom aux studio de San Francisco où vous avez enregistré, ce studio vous a marqué à ce point ? Influence ou juste manque d’inspiration pour le nom de l’album !?
Jero : Les deux. On ne trouvait pas de titre qui mettait tout le monde d’accord, et celui-ci nous a plu.

Fausto : De toute manière, quand on a reçu la maquette de l’album il y avait déjà écrit en gros le nom du studio Tiny Telephone donc on ne pouvait plus le changer (rires)

Justement, quel a été le processus d’enregistrement pour cet album ? Combien de temps avez-vous passé hors d’Espagne ?
Lyndon : C’est toujours la mélodie et les accords qui viennent en premier.

Jero : Mon inspiration vient de moi-même, de mes propres histoires, ou de ce qui arrivent aux autres membres du groupe. On a commencé à écrire en novembre 2005. On s’est réuni, Lyndon et moi dans la maison des parents de Lyndon dans le sud de l’Espagne pour mettre nos idées en commun et plus tard tout le groupe s’est retrouvé pour répéter.

Carlos : Mais il faut dire que certaines chansons comme « She » ont été écrites au départ pour l’album d’avant.

Fausto : C’est vrai. Quelques chansons ont été composées un mois avant d’enregistrer et d’autres sont des idées anciennes –genre 2 ans- qui ont été arrangées et qui ont suivi leur cours.

Jero : Après, pour l’orientation musicale du groupe, on en a pas… on joue ce qu’on sait / peut jouer, mais il n’y a rien de prémédité. C’est celui qui fait la chanson qui donne sa propre orientation.

Fausto : On a passé 25 jours à San Francisco pour créer Tiny Telephone – une semaine pour enregistrer et le reste pour peaufiner les arrangements. On a joué tous ensemble simultanément, ce qui donne un résultat plus intense, plus nuancé, alors que d’habitude on procède par étape en enregistrant d’abord la batterie, puis la guitare, puis la voix, etc…

Tiny Telephone a un son encore plus rétro que votre précédent album, était-ce voulu ?
Comment prenez-vous l’étiquette « pop 60’s » , « sunshine pop » ou encore la prestigieuse comparaison avec les Beatles ?
Lyndon : Tout le monde nous dit le contraire ! Il y a moins de « hammond » et cela donne un son plus moderne.

Jero : En fait, on s’en fiche de l’étiquette qu’on nous donne. En musique, quoique tu fasses, tu auras toujours une étiquette alors qu’au final il faut la prendre comme elle est : juste de la musique.

Fausto : les chansons que font Lyndon et Jero sont personnelles, ils n’essayent pas de « sonner » comme d’autres choses.

Lyndon : On donne plus d’importance à la mélodie, aux harmonies, qu’au fait de créer quelque chose de nouveau. Ce qui importe vraiment, c’est de faire une musique avec une musique sur laquelle on peut chanter.

Jero : Pour moi, la musique qu’on fait est nouvelle, mais pas innovante. Et puis en réalité, on ne sait pas faire autre chose que ce que nous faisons actuellement.

Lyndon : Pour l’étiquette « pop 60’s », on y accorde pas trop d’importance, mais en même temps on peut être fier de la comparaison – la musique des 60’s a une empreinte, une identité propre.

En tout cas vous réussissez le pari des mélodies entraînantes et des refrains accrocheurs ! Notamment grâce à la voix de Jero et aux talent des des différents instruments utilisés par le groupe.
Pouvez-vous d’ailleurs nous dire comment Lindon et Julian ont été amené à vous rejoindre et pourquoi ?
Fausto : Pourquoi ? On se le demande encore ! (rires)

Jero : Quand on enregistrait notre 1er album on voulait mettre des claviers. On a alors appelé Julian qu’on connaissait du lycée, et puis à la fin du disque il est resté avec nous. Ensuite pour faire Little Heart Attacks on a voulu faire une série d’arrangements. Julian connaissait Lyndon qui venait de Toledo aussi. Il a fait les arrangements, et est resté pendant toute la durée de l’enregistrement du disque. On a fait la connerie de lui demander de rester, et il a accepté !

Fausto : En fait ils entrent en tant que collaborateur et ensuite ils restent.

Vous allez devenir comme ces hippies de Polyphonic Spree !
Jero : Exactement !

L’album est sorti le 24 avril, vous serez en concert le 11 mai à Paris où vous partagerez l’affiche avec The Horrors… Quel sont vos plans pour la suite ? Une tournée prévue ? La conquête des Etats-Unis ? Des festivals cet été ?
Lyndon : Tourner, tourner, et tourner !

Carlos : Cet été on va faire quelques festivals en Espagne et peut-être en Europe. En octobre il y aura une autre tournée pour Tiny Telephone, mais comme l’album sort en même temps en Espagne et en France, on ne sait pas quand on va être de retour ici !

Fausto : Pour les Etats-Unis, ce sont plutôt eux qui veulent conquérir les autres pays… non mais pour le moment on a pas prévu de s’exporter là-bas, ce qu’on a nous suffit déjà ! On y pense pas.

Jero : Ca nous plairait mais ça nous semble difficile. On a déjà eu assez de chance de pouvoir s’exporter hors de nos frontières et d’aller en Europe, c’est déjà génial !

Merci en tout cas d’avoir répondu à nos questions !
Une petite anecdote sur l’enregistrement de l’album, pour finir ?
Fausto : Quand on est rentré de San Francisco, on a du faire une escale à Philadelphie avant de prendre l’avion pour Madrid. Il y avait 12h d’attente, on ne pouvait pas sortir de l’aeroport pour visiter, ni pour aller dormir. Du coup, on a dormi sur la moquette de la salle d’embarquement. Je me souviens encore de l’odeur de cette moquette, c’était dégueulasse ! Et du jingle de l’aéroport pour l’embarquement, qui dit « tous les passagers… ».

Jero : ça t’a donné une idée de nouveau son pour une chanson ? (rires)

Fausto : sinon, les 1ers qui avaient fini dans le studio ont été Carlos et Miguel, et comme on était quand même 6 dans ce petit studio, les gens nous ont gentiment suggéré d’aller visiter. Donc on a vu les lieux cultes de la ville. Mais on se souvient surtout de notre hôtel, qui était en fait un hôtel-discothèque. Le 1er étage était la discothèque, les 2 autres étages l’hôtel et enfin le 4ème étage était un lounge. Pour accéder à la terrasse tout en haut on partageait l’escalier avec ceux qui allaient au lounge.

Jero : Les gens prenaient de la coke là où tu allais dormir. Mais c’était vraiment bien ! Enfin.. surtout de 10h à midi !

Merci aux Sunday Drivers et à Naïve
Un très très grand merci à Elise Costa !