Pleymo, « Rock« , 2003. Ou comment passer du statut de groupe de nu-metal européen majeur à celui de vulgaire attrape-pucelles, et ce, en un peu plus d’une année.
Avec « Rock« , fini les dénonciations virulentes du style « [i]Spiderman dans son froc fait caca[/i] » (« [i]World[/i] », « Episode 2 : Medecine Cake« , 2002). Ici, ça tchatche plutôt de « [i]promiscuités érotiques et débraillages intimes[/i] » (« [i]Laugh Calvin[/i] »), délaissant au passage le nu-metal bordélique et rentre-dedans d’origine pour une sorte de pop métallique forte en émotion et nettement plus accessible. Le fan de base est déconcerté, cherchant en vain la fougue habituelle de Pleymo, et ne comprenant pas un foutu mot de cette pseudo-poésie soudainement développée par le très « inspiré » [b]Mark Maggiori[/b]. Certes, « [i]L’Insolent[/i] » et « [i]Polyester Môme[/i] » envoient du bois, mais l’ensemble sonne comme un baissage de futal en bonne et due forme… avec les risques que cela implique. Lors du [i]Rock Tour 2004[/i], la part de gotho-pouffes et autres midinettes mineures dans le public explose, et une grande partie des sympathisants du groupe s’échappe, dégouté par l’ultime trahison qu’est le flirt avec Kyo. En 2006, les six bonshommes essaient de rattraper le coup avec « Alphabet Prison« , bien plus proche d’Every Time I Die que de la bande à [b]Benoit Poher[/b], mais c’est déjà trop tard : les anciens amateurs de leur son ne prennent même pas le temps d’écouter la galette, restant campés sur leur haine envers « Rock« . Le groupe jette l’éponge après une ultime tournée, dépité pas leur audience juvénile et décérébrée. Losers.
Aujourd’hui, [b]Mark Maggiori[/b] (chant) fait des clips pour, entre autres, [b]Pascal Obispo[/b] et Empyr, [b]Benoit Julliard[/b] (basse) perd son temps -et gâche son talent- dans… Empyr, [b]Davy Portela[/b] (guitare) fait de la folk avec Lula Fortune et suit Enhancer en tournée, [b]Erik de Villoutreys[/b] (guitare 2) pêche des saumons, [b]Frank Bailleul[/b] (DJ) est le producteur du premier EP de Darkness Dynamite, et le sympathique [b]Fred Ceraudo[/b] (batterie) re-goûte, dix ans après, aux joies des concerts dans des MJC de province avec les néanmoins prometteurs Hewitt.
