To lose, on ne l’apprendra à personne, signifie perdre dans la langue de Ray Davies. Le loser serait aussi le groupe qui a perdu quelque chose. Son âme ?
Malgré leur nom, les Big Star ne sont jamais devenus de grandes stars pourtant un culte ô combien mérité entoure le groupe d’[b]Alex Chilton[/b] qui, on va faire simple, était probablement le plus génial des années 70. Il faut imaginer les Beatles débutant à « Rubber Soul« , sortant « Revolver » et splittant à mi « Sgt Pepper« . Big Star, c’est la quintessence du pop-rock pour qui le terme semble avoir été inventé. Des morceaux de bravoure fabuleux (le très soul « [i]O my soul[/i] » et ses parties de guitares à se damner), des ballades touchant au plus profond de l’innocence perdue (« [i]The ballad of El Goodo[/i] », « [i]Thirteen[/i] », « [i]I’m in love with a girl[/i] », « [i]Morpha too[/i] ») des morceaux signés de la main de Dieu (« [i]September gurls[/i] », « [i]You get what you deserve[/i] », « [i]Holocaust[/i] », « [i]Stroke it Noel[/i] », « [i]Way out west[/i] », « [i]Feel[/i] », « [i]Kizza me[/i] », « [i]Life is white[/i] », « [i]Thank you friends[/i] »), un titre générique d’une série qui déchire (« [i]In the street[/i] ») et surtout l’une des plus belles voix ayant jamais été enregistrée : celle d’[b]Alex Chilton[/b]. Groupe total culte qu’il semble impossible de ne pas aimer, une loi est d’aillers à l’étude afin de mttre hors la loi les détracteurs du groupe. Sauf qu’à la vue de ce culte, [b]Alex Chilton[/b] a commis l’irréparable : la pseudo reformation et l’album. « In space » s’appelle la bête. L’écoute est une douleur de tous les instants tant ce qui a fait le succès des albums historiques est ici répété sans génie, en mode médiocre, le chant est désincarné (inimaginable), le pseudo groupe inspire la pitié la plus profonde tant il sonne banal, enchaînant morceaux inutiles ou mieux, gênants au pire. On avoue n’avoir jamais réussi à l’écouter jusqu’au bout. « It gets so hard in times like now to hold on », c’est dur mais on essaie d’oublier, de faire abstraction avant de se faire une raison : « In space » n’est absolument pas un disque de Big Star mais une grosse merde que seuls les auditeurs souffrant de graves troubles neurologiques apprécient et bien inspiré est celui qui réussira à retrouver là dedans le génie absolu sur lequel les Replacements ont écrit l’une des chansons les plus géniales des 30 dernières années. Oubliez les New York Dolls, absolution pour « Zeitgeist« , la grande reformation catastrophe de la décennie est celle-ci car elle a entaché une vraie légende.
Visual Losers’ Summer, acte 05
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