Visual Losers’ Summer, acte 09

vm5
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Pour Thomas d’AqME, l’étiquette « Team Nowhere » n’était pas un fardeau. Même pour Wünjo ? « Resistance Deluxe« , 2005.
Quels sont les points communs entre la musique de Wünjo et celle de ses acolytes de la [b]T.N.[/b] de l’époque (Enhancer, Pleymo, Vegastar) ? Aucuns. Là où leurs camarades donnaient, en 2005, dans le rap-metal primitif, la pop métallique ou le revival new wave putassier, Wünjo transformait le metal vaguement violent de ses deux premiers albums en un rock n’ roll aux tonalités hardcore et stoner (que l’on peut retrouver dans Bukowski, nouvelle formation des ex-batteur et guitariste du combo). « Resistance Deluxe » était donc un virage musical réellement inattendu. Un skeud qui pue la sueur et le cambouis, emmené par un [b]Flavien[/b] aux progrès vocaux indéniables ; une galette portée par son excellente plage d’ouverture, « [i]Fuck Your Revolution[/i] », aux paroles résolument niaises (bah tiens, on en tient un de point commun avec les trois autres bandes) mais à l’instrumentation compacte et rageuse : riffs aiguisés, grattes s’amusant avec les tierces, batteries martiales, chant accrocheur et final massif. L’un des meilleurs morceaux de rock n’ roll français des années 2000. Seulement voilà, Wünjo, ça représente la [b]Team Nowhere[/b], et toutes les casseroles qui vont avec. Et la grande majorité du public rock (musclé) a zappé l’album pour cette raison. A peine sorti et déjà oublié dans les médias : à l’inverse de Pleymo ou Vegastar, les bonshommes n’ont pas de morceau pop à proposer aux radios et autres télés. La machine s’essouffle, les concerts n’attirent pas les foules, et après une unique réunion Nowhere qui sentait le sapin, la légende raconte que le groupe a donné son ultime concert dans un petit festival fleurant bon le pâté et la verdure. A Guingamp. Il y a eu des fins plus glorieuses.

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