Deux dates à Bercy l’Accorhotel Arena, on peut le dire Metallica, a décidé de rouler sur la capitale française pour sa tournée 2017/2018 à peine entamée quelques jours plus tôt aux Pays-Bas, et où le frontman James Hetfield apprenait encore à ses dépens les enchainements et modifications d’une scène qui allait tenir toutes ses promesses techniques. Petit retour sur le premier soir des four horsemen décidés à rappeler qui sont les boss du métal.

Ils vont nous faire une scène !

Malgré une arrivée à l’heure sur la capitale dans les temps, on a foiré l’arrêt aux stands et la pause bière nous aura faits louper Kvelertak et même, et même, ô sacrilège, le début du show ! Faut dire que l’organisation à l’extérieur est aussi intéressante, avec zéro indication pour accéder à telle ou telle entrée ou encore le magnifique labyrinthe de barrières pour l’accès fosse (on n’évoquera pas la difficulté à quitter Bercy grâce aux entonnoirs à l’extérieur de salle, tip top en ressenti sécurité vu la période). Dans la salle, on peut constater que la scène est au centre et donc optimisée pour une vision à 360° avec des musiciens qui tournent de micro en micro faisant ainsi face à chaque angle de la salle. Et même si l’on a déjà vu cette configuration, avouons qu’elle fonctionne toujours aussi bien en termes de proximité du groupe !
Une scène qui est presque un personnage à part entière tant elle recèle d’effets, qu’il s’agisse de jets de flamme, de cubes de percussion sur lesquels les 4 membres battront la mesure en rythme, de drones lucioles sortant du sol pour imiter la mite du clip « Moth Into Flame » dans une incroyable chorégraphie préparée au millimètre ou encore des cubes vidéo montant et descendant sur lesquels sont projetés, clips vidéo du groupe, zooms sur les four horsemen sur scène et autres contributions artistiques des fans.

T’as pas 100 balles ?

Si la part belle est faite au dernier né « Hardwired » bien évidemment, ces 2h de show vont permettre à nos fringants cinquantenaires de dérouler tous les classiques du groupe et à Lars Ulrich de faire autant d’expressions faciales incontrôlées, le tout via un son assez monstrueux et compact (allez, peut-être un peu trop marqué par la batterie). Metallica enchainant d’ailleurs ces classiques plutôt en fin de setlist pour achever les plus nostalgiques (« Sad But True », « One », « Master Of Puppets », « Nothing Else Matters » et « Enter Sandman »). Bien évidemment, si vous êtes venus avec votre grille bingo Metallica, les mots « family », « heavy », « yeah », sont bien à cocher et si le groupe s’offre un petit interlude point fraicheur sur « Halo on Fire », c’est pour permettre à Kirk Hammet et Robert Trujillo d’occuper la scène lors de passages tout en en instrus comme « Eye of the Beholder » ou plus étonnant encore… « Antisocial » de Trust ! Ou comment se mettre un peu plus encore le public en reprenant un hymne local de révolte tout en vendant des billets à 100 balles, sûrement pour que les cadres puissent se sentir anti-système le temps d’une soirée entre deux photos instagram en faisant une horn hand. Je vous rassure, c’est un peu mon profil.

Je charrie, je charrie mais j’avoue n’avoir entendu personne regretter d’avoir craqué son compte épargne ce soir-là car toujours est-il que pour des mecs « trainant » 34 ans de carrière, il y a une vraie énergie qui se dégage, un véritable entrain à occuper la scène qui nous pousse un peu plus encore à croire Lars Ullrich promettant encore 34 ans de Metallica, on ne peut nier que tout le public semble prendre un pied réel, que ce soit ce mec qui arpente les gradins en headbangant comme s’il allait entrer sur scène d’un moment à l’autre, ou encore ce métalleux qui, entre deux horn hands, fait de petits cœurs avec ses mains quand Kirk joue de son côté de la scène #tromignon. Personne ne semble donc oublié, pas même Cliff Burton qui aura droit à son petit hommage. Allez si, à titre perso, j’aurais adoré voir un petit hommage à Lemmy avec l’efficace « Murder One ».

Metallica aura aisément retourné la capitale pour cette première date, rappelons qu’il y a une seconde date ce dimanche et si le plaisir semble avoir été partagé par chacun, il suffit de voir la sortie du groupe pour s’en convaincre, tant celui-ci s’éternisera encore en distribuant des caisses complètes de médiators (littéralement) et en faisant un petit speech de remerciement aux fans. Finalement, le seul point noir (me concernant) aura été d’être accrédité pour des photos, puis en fait non. Mais en fait si ! Mais le dimanche. Alors que j’y allais le vendredi. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas mais au moins, j’aurais pu me concentrer un peu plus encore sur ce gros show dont le SEUL vrai défaut pour les fans, sera probablement, une setlist assez verrouillée de date en date, effets vidéo/pyrotechniques oblige.
Setlist

The Ecstasy of Gold (Ennio Morricone song)
Hardwired Intro
Hardwired
Atlas, Rise!
Seek & Destroy
Leper Messiah
The Day That Never Comes
Now That We’re Dead (with extended middle drum )
Dream No More
For Whom the Bell Tolls
Halo on Fire (followed by Kirk and Rob)
Last Caress
(Misfits cover) (first live performance since July 19, 2013)
Creeping Death
Moth Into Flame
Sad but True
One
Master of Puppets

Encore:
Blackened
Nothing Else Matters (‘Black Hole Sun’ snippet intro by Kirk)
Enter Sandman (with ‘The Frayed Ends of Sanity’ outro)