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Déjà la seconde édition pour le festival Amiénois Minuit Avant la Nuit qui nous avait tant séduits l’an dernier par sa programmation (pilotée par la salle La Lune des Pirates). Un festival qui se tient dans le cadre verdoyant du parc St Pierre longeant la Somme, une belle occasion de fêter les jours les plus longs de l’année.

Le Texas à portée de vélo.

Mais cette année, on a eu l’occasion de commencer le festival avec une nouveauté, les balades avant Minuit. Après un tour à bicyclette au milieu des magnifiques paysages des hortillonnages, embarquement (au sens propre comme au figuré) pour un concert surprise au milieu des marais amiénois. Si le concept rappelle forcément celui des Nuits Secrètes, le cadre et l’accueil amiénois ne sont pas en reste. Audience restreinte, cadre de rêve et distribution de bières sont au programme pour mieux partir à la découverte d’un chanteur français, interprétant des balades bucoliques type folk américaine, Baptise W. Hamon. Le chanteur nous avoue avoir d’ailleurs voyagé plusieurs fois au Texas où il a enregistré son nouvel album intitulé “Soleil Bleu”. Il nous emmène alors dans son univers sur un tapis de verdure, entouré de grands arbres qui semblent bouger leurs branches pour mieux l’accompagner dans ses mélancolies. Un moment suspendu dans le temps qui nous aura enchantés avant le retour sur le rivage du festival…

Mr Oizo.

Sur la scène principale de Minuit Avant la Nuit, c’est au tour d’Andrew Bird de prendre les commandes (succédant ainsi au duo Weekend Affair que nous n’avons pas pu voir). Bird qui commence bien sûr son concert en sifflotant tels les oiseaux rencontrés peu avant dans les arbres des hortillonnages… La guitare, le violon, il maîtrise tout et prouve toute l’élégance de ses compositions à base de sons pop, folk, jazzy, rock, funk, country… Tout un florilège de styles entraînants, accompagnés de superbes chœurs.
Son violon, qu’il tient comme une guitare, apporte des sonorités orientales sur sa musique pop et réchauffe le corps si, toutefois, les 22°C affichés ne suffisaient pas à le faire. On passe par toutes les ambiances : musique dynamique et rythmée à des balades plus mélancoliques qui finissent par gagner en énergie et par nous faire décoller… Andrew Bird nous fait voyager et constitue une belle entrée sur le festival. Y a pas, le ramage était aussi classe que le costard plumage.

Fiévreux belges.

Cette année, le festival a, mine de rien, amélioré le seul point « négatif » de sa première édition, deux scènes trop proches l’une de l’autre qui donnait lieu à quelques moments cocasses où les balances d’une scène se frottaient au set d’un artiste en cours. Cette fois, les deux sont à l’opposé et cela donne un résultat parfait. Tout aura roulé de manière transparente entre les deux scènes, chapeau donc à l’organisation qui prouve déjà une véritable expertise dans le domaine avec ce festival placé sous le signe de la bonne humeur, du soleil et du caractère familial presque intimiste de ces deux jours.

En tout cas, c’est bien Balthazar qui va filer la claque de cette première journée de Minuit Avant la Nuit. Arrivés tels des cowboys sur une musique de western, les voilà partis pour livrer une prestation attendue à en croire le public amassé devant la scène principale. Et les Belges ne vont pas décevoir, 4 guitares, 1 batterie et 5 voix suaves qui nous séduisent et nous envoûtent. La formation ayant à cœur de défendre le solide petit dernier de la discographie « Fever » (l’album se taillant la part du lion avec 7 titres sur 11), difficile de bouder son plaisir sur le violon du titre « Entertainment », l’imparable de « I’m Never Gonna Let You Down Again » et la fièvreuse #loililol « Fever ». Une performance qui ravira les cœurs, même les plus âgés, une grand-mère ayant failli me grimper dessus pour mieux voir le chanteur descendu dans la foule !

Odezaime.

Sur la petite scène, c’est ensuite Boy Azooga qui prend la relève mais de notre côté, on avoue être totalement passés à côté du set des jeunes gallois. Trop instrumental, trop éclectique ou nous-mêmes trop fatigués, on avoue avoir lâché en cours de route et puis on avait trop envie de burritos !

C’est Odezenne qui prendra la relève sur la scène principale et on peut dire que cela fonctionne toujours en live. Pourtant, on est loin d’être les premiers amateurs du registre mais les deux chanteurs/rappeurs s’appuient sur des instrus très travaillées, pas mal d’électro et nous embarquent sans souci. Des paroles fortes, des thèmes jeunes (drogue, sexe, alcool…) sans tomber dans les clichés générationnels, le tout appuyé par des rythmes envoûtants.

Tout y était donc pour faire bouger Amiens jusqu’au bout de la nuit. Confirmant par la même occasion tout le bien que l’on peut penser de cette formation rencontrée à diverses occasions. On a déjà hâte de les retrouver en tournée à la rentrée pour leur dernier album. Malheureusement, c’est déjà la fin de cette première journée qui s’achève sur le set du duo électro Oktober Lieber, et que l’on quittera tout de même sur un beau 1h du matin avec 1h30 de route vers Lille et déjà l’envie de revenir pour la seconde journée tout aussi prometteuse.

Pour lire le report du second jour au Festival Minuit Avant la Nuit, c’est ici Kamrades (lien à suivre) !