Votre mot de passe vous sera envoyé.
Toute toute première édition du festival Minuit Avant la Nuit dont nous vous avions déjà parlés il y a quelques mois lors d’une interview avec Antoine, le programmateur, nous voici enfin dans l’immense parc Saint Pierre d’Amiens, surplombé de sa magnifique cathédrale. Accueillis dans un joli coin de verdure orné de ses deux scènes,le festival semble tout avoir mis en place pour que ses spectateurs passent un agréable week-end. Report d’une première belle journée.

Live 100% Amiénois.

Ce sont justement deux p’tits jeunes du coin qui nous accueillent sur scène, Edgär étant un duo d’Amiens, on ne s’étonne guère de voir quelques locaux déjà porter les T-shirts du groupe et connaissant bien les paroles. Difficile de ne pas se laisser embarquer par ce rythme électro et ces voix à l’unisson même si le public un peu timide, au départ, ne peut finalement s’empêcher quelques vagues mouvements du bassin sur ce bon son.
On n’hésite pas à faire tomber les lunettes de soleil pour tout donner et se lâcher, que ce soit derrière la guitare ou un clavier, les regards heureux et les sourires de Ronan et Antoine en disent long sur le bonheur de jouer pour leur public sur la première édition de ce festival. Merci la jeunesse amiénoise pour ce moment musical très sympa et loin des premières parties foireuses !

Live 100% velours.

Il fallait oser ! Amber Arcades, c’est un groupe qui se voit de loin. Par ses choix vestimentaires ! Une chanteuse/guitariste, Annelotte de Graaf, en pyjama de velours moutarde des années 70, longs cheveux blonds, accompagnée de ses 4 musiciens de blanc vêtus et indispensables lunettes de soleil pour qui ne veut pas perdre la vue aveuglé par un soleil prégnant.
La formation d’Annelotte nous délivre ici sa pop rock lente, éthérée, une belle manière d’entrer un peu plus dans ce festival qui se remplit tranquillement mais sûrement sous un soleil de plomb.

Live 100% bio.

Pas le temps de s’endormir, l’un des bons points du festival, c’est sa volonté de ne proposer aucun temps mort ! Ainsi Amber Arcades ayant à peine fini, les lillois de Jojobeam investissent déjà la seconde scène. Le trio donne tout, joue passionnément, ça chante FORT dans les micros et ça envoie du lourd ! Impossible de ne pas penser à la scène post-hardcore pour ce trio qui envoie autant en live que dans les vans :
“Bienvenue dans la force naturelle du jojoba. C’est bon pour vous ! Si on vous dit ça, c’est que c’est bon pour vous alors ne vous posez pas de questions !” On sent bien le second degré permanent du groupe, loin de se prendre au sérieux, sauf quand il s’agit de distribuer son lot de baffes musicales… Plaisant !



Live 100% modestie (mais tout bon).

The Limiñanas, c’est l’occasion de voir une tête d’affiche que l’on a déjà pu apprécier sur scène à Lille dans le courant de l’année mais ne l’oubliez pas, s’ils sont nombreux sur scène, venus de nombreux pays d’Europe (et tous d’une gentillesse et timidité confondante), c’est bien Lionel à la guitare et Marie à la batterie, à la base de ce groupe venu de Perpignan. C’est d’ailleurs l’un des points sympa de ce festival qui se revendiquait familial, on aura l’occasion de voir l’ensemble des artistes se balader au sein même du public et donc de constater la simplicité des artistes. Et le groupe de continuer de dérouler son excellent set pour le tout aussi bon album “The Shadow People”. Une véritable atmosphère se dégage de cet album, alors certes, on ne voit pas Bertrand Belin en live ou encore Anton Newcombe voire Peter Hook mais la formation live nous gâte tout de même.

Car, sur scène, ça y va ! Ces grands timides se lâchent une fois sur scène pour nous offrir le meilleur ! Plus de pudeur, juste le meilleur ! Un peu d’électro, beaucoup de folk, l’ambiance est chaude, Marie fait tomber la fameuse veste rouge, ils mettent le feu, du rock, du vrai !
Le public ne résiste plus et ne peut s’empêcher de se trémousser, pour les timides, et de danser le rock pour les plus téméraires. Ambiance Ambiance!
Fin du set, le rythme s’accélère, musiciens et spectateurs sont en transe pour exécuter un final de malade ! Un groupe qu’on ne cesse de recommander en live et qui nous donne encore raison pour ce festival Minuit Avant la Nuit !

Live 100% bonheur.

One Sentence. Supervisor, c’est un groupe suisse qu’on a déjà vu (chez les copains du grand Mix à Lille) et qu’on aime beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP ! La faute à un excellent premier album intitulé “Temporär Musik 1-13”, un ensemble de titres qui méritent de multiples écoutes pour entrer toujours un peu plus dans la tête. on est donc très heureux de les redécouvrir sur scène puisqu’on s’était presque donnés RDV sur scène avec le groupe lors de leur passage à Lille !


Le décor est posé : le bassiste et le batteur assis sous un parasol auquel la pancarte “Big Sale” est accrochée. Les 2 autres guitares résonnent, les regards complices et les sourires échangés montrent le bonheur des musiciens de nous montrer de quoi ils sont capables. Quel plaisir aussi de sentir le bon son monter dans nos veines doucement, on se régale toujours à entendre des titres tels que “Hedera Helix” ou “Heroic Misfits”!
La musique s’intensifie, le rythme s’emballe, les musiciens ne s’arrêtent plus de jouer et nous, de kiffer graaave ! Petite surprise pour les plus avertis, les suisses nous avaient averti tourner avec leur comparse, Bahur Ghazi, un cinquième musicien qui va apporter une touche exotique à notre groupe rock électro.
Notamment lors du final d’un set impeccable, le titre “Onomatopoeia” qui monte et vous prend aux tripes et qui gagne encore en interprétation musical avec la oud (un instrument arabe) de Bahur.

Live 100% dans ta tronche.

Ça y est, le soleil se couche pour laisser place à un nouvel astre : The Soft Moon ! Désormais placés sous une lune étincelante, les spectateurs allaient prendre de plein fouet ! Comparons cela à l’effet d’une météorite dès la première chanson, ce groupe de 3 musiciens est à fond et donne tout dès le départ : les percu font vibrer le public qui ne peut que les acclamer pour en redemander encore et encore. Il faut dire que Luis Vazquez impressionne par son énergie et rappellera vite aux amateurs de son indus, la référence Nine Inch Nails ! La comparaison est à la fois musicale, même vestimentaire mais aussi jusqu’aux titres même des compositions avec un “Burn” de toute beauté des deux côtés et qui gagnent là aussi tous deux en live, vraiment ! Deux titres à vous retourner le cerveau et qui hantent encore celui de Ross m’accompagnant ce jour-là.

En un mot, si on aura apprécié les sets du jour, celui de The Soft Moon est celui qui aura le plus tabassé et si sur album, on peut avoir un peu de mal à accrocher, les compositions de Vazquez sont irrésistibles en live. Le jeu de lumière est aussi brütal que le son, épileptique, violent, fracassant, le spectateur n’est pas ménagé et en redemande encore et encore, s’enfonçant un peu plus dans les limbes d’une nuit qu’on aimerait sans fin et plus noire que la Mer Noire, plus hypnotique que jamais et dont le nom de The Soft Moon n’aura jamais été aussi trompeur ! Gros gros coup de coeur et déjà la fin de notre première journée car nous aurons dû zapper les sets de Vladimir Cauchemar et Polo & Pan pour des raison d’organisation mais quelle bonne première journée au festival Minuit Avant la Nuit !

 

Pour lire le report du second jour, c’est ici Kamrades (lien à suivre) !