Qu’on se le dise, le Duke, ce n’est pas uniquement le personnage phare de l’incontournable film ‘The Big Lebowski‘ (dans l’horrible VF) mais aussi un autre personnage fictif et musical cette fois. Créé par Simon Neil (de Biffy Clyro) et JP Reid (de Sucioperro), le personnage est censé leur permettre de se lâcher musicalement. Reste à voir si l’idée de faire les foufous paye vraiment !

Clairement électro, cet album va arpenter des sentiers jusque là peu explorés par Biffy Clyro (vu qu’on se demande qui connaissait Sucioperro avant cette collaboration). Il faut dire que le premier titre surprend, mené par des rythmes artificiels, Simon semble plus y minauder qu’autre chose et l’instru se fait melting pot électro ne décollant jamais réellement. Reste que le duo semble se réveiller sur le dansant ‘Everybody Dance‘ (merci le pléonasme), titre catchy grâce à son tempo bien plus enlevé, il dévoile assez rapidement ce qui va être le point faible de cet album et qui n’est pas rare dans le domaine de l’électro ; la répétition ! Un handicap assez important puisque tous les titres n’ont pas ce semblant de capacité à interpeler l’auditeur, si on décèle de ci de là quelques fulgurances, l’album manque parfois de cet élément secret qui fera la différence (‘Silhouettes‘ et ‘Music Show‘ manquent clairement de cette étincelle pour en faire des morceaux imparables ou encore ‘Erotic Robot‘, malgré ses grosses guitares constituant l’exception auditive de l’album).
Se voulant « collision de disco remanié, de funk et de nu-pop sur fond d’avènement de la danse et de l’hédonisme » l’album semble presque perdu dans ses propres références car à trop se vouloir libre, l’auditeur finit parfois par se retrouver dans une espèce d’orgie sonore qui aurait viré au mauvais mix d’un 14 juillet. Le titre ‘Pandemonium‘ en est certainement le point culminant avec son électro-répétition-fourre-tout virant à la house 90’s pour se finir en titre plus pop sur plus de 7 minutes. Aouch ! En voilà une tortueuse progression car au final, on ne retient pas grand chose de ce titre malgré la débauche d’énergie semblant en découler, il y a même un moment où le mélange fait que l’on se demande si on n’a pas ouvert une page web par mégarde, lançant automatiquement de la zic dont on ne parviendrait pas à identifier l’origine, c’est dire ! Difficile donc de s’exciter donc sur cet album, NÉANMOINS, reste un sentiment inexplicable qui fait que malgré de nombreux défauts, l’album arrive à se faire une place auditive ! Oui, oui, s’insinuant lentement mais sûrement tel un message subliminal asséné à coup de couplets répétés encore et encore, on finit par se surprendre à se dandiner sur des titres que l’on ne pensait jamais aimer (l’endiablé ‘Je Suis Un Funky Homme‘) ou qui avait désarçonné aux premières écoutes (le single très 80’s ‘Rubber Love‘ qui aurait pu avoir sa place sur le ‘Discovery‘ des Daft Punk) et plus aisément encore avec le single ‘Kid Gloves‘ qui tient, lui, plus du titre standard avec une structure classique couplets/refrains mais clairement trompeuse quant à la teneur réelle de l’album (même si le titre reste l’un des meilleurs de l’album).

Alors oui, cet album est bordélique, ça tombe bien, c’est clairement volontaire, reste que de ces dissonances apparentes ressort de façon surprenante une certaine homogénéité, une ligne directrice, une sorte de rock électro comme on a peu eu l’occasion d’en entendre et si dans les premiers jours, on pense à la blague, avec le temps on pense surtout que le Duke nous a subtilement eus, son physique disgracieux cachant en fait un être tourmenté, insistant et parfois même grossier dans son approche tout en se révélant suffisamment habile et cultivé, pour que l’on ait envie de le revoir de temps en temps. Pas trop mais quand même.

Puisque ni Jiwa, ni Deezer ne disposent des titres recommandés, je vous invite à vous rendre sur le [url=http://www.myspace.com/themarmadukeduke]Myspace du duo[url] pour vous faire une idée.