A l’image de la quantité de paroles sur ‘Monolithes En Mouvements‘, les mots vont être difficiles à trouver pour parler du dernier LP de RQTN. On va commencer simple en essayant de décrire le genre.

Des pianos qui se superposent doucement, des cordes, une touche de clavier, un beat bien placé qui s’amorce et transpose l’atmosphère d’une chanson (‘Remuer Les Pieds Dans L’Eau, Les Yeux Clairs‘). C’est ça ‘Monolithes En Mouvements‘. Oui, ‘Remuer Les Pieds Dans L’Eau, Les Yeux Clairs‘ est une seule et même chanson. Le titre est à rallonge, comme tous les autres et on se demanderait presque ce qu’ils font associés avec ces morceaux simples et purs. On oublie vite, car après tout un titre et une chanson sont faits pour être ensemble, c’est un choix de l’artiste et on ne se permettra pas de le remettre en cause. D’ailleurs, ces titres ont le mérite de nous orienter, nous guider, dans ce flot d’émotions. Une sorte de fil conducteur pour s’imaginer le film dont chaque titre de l’album est la bande originale. Il ressort en effet un côté très cinématographique dans tout l’album. L’avantage ici étant qu’aucun film ne s’y associe, et aucune image ou émotion ne nous est donc imposée pendant l’écoute de chaque titre. Une bande originale encore vierge en quelque sorte.

On pourrait trouver une quantité gargantuesque d’adjectifs pour décrire cet album : envoutant, aérien, enivrant, apaisant, planant, magique, mystérieux, hypnotique. On pourrait également se résumer au classique et primaire ‘c’est trop beau mais c’est déprimant’. Certes , ‘Monolithes En Mouvements‘ ne procure pas une énergie et une joie de vivre exceptionnelles, mais si l’on va au-delà de cet aspect sombre et mélancolique, on parvient à discerner un panel d’émotions impressionnant (‘Debout Décharge Passive‘). Cette variété est principalement due à la qualité de jeu exceptionnelle de Mathieu Artu au piano, que l’on peut saluer, aussi bien d’un point de vue technique (‘Départs Et Décalages‘) qu’au niveau des nuances (tous les titres).

La composition fait preuve d’une modernité étonnante, en contraste avec le son cristallin et pur du piano (‘Le point culminant, Le Réveil, Les Mains Brumeuses‘). La patte de Radius System est également bien visible sur ‘Aurore, Lettres Manuscrites‘ que Gregory Hoepffner a réécrit. Cela n’empêche pas le titre de rester dans la continuité de l’album, sans trancher radicalement des autres titres. La fluidité étant présente dans chaque titre, et sur l’album dans sa globalité.

Monolithes En Mouvement‘ est un album intimiste, à écouter seul et calmement. Il est monolithique dans la composition, mais mobile et varié dans les émotions transmises. On adore ou on aime pas, le choix est rapide et simple. Il est proposé gratuitement alors il n’y a aucune excuse pour y échapper : Monolithes En Mouvement.