Wilco (the chronique)

Un simple coup d’oeil à la pochette, sans parler du nom du disque, permet rapidement de piger que Wilco est d’humeur plus taquine que sur l’assez inégal ‘Sky Blue Sky‘. En effet, l’impression qui se dégage de ‘Wilco (the album)‘ est celle d’un bon petit disque bien ficelé, le genre de chose que mine de rien, Radiohead semble incapable de faire. On a ici le fameux best-of composé d’inédits. Le disque idéal pour commencer avec un groupe avant de dérouler la belle bobine vers des contrées plus vallonnées. Sur ce septième album, le meilleur groupe de Chicago débute avec une déclaration d’amour à ses fans. « Si tu déprimes, allume ta stéréo, met ton casque, tu dois le savoir : Wilco t’aime » dit en substance ‘Wilco (the song)‘. Tout simple et frisant le ridicule, mais d’une certaine manière, cette candeur touche le fan qui a plus d’une fois déprimé au son du groupe. Surtout quand cette déclaration se fait au son d’une pop song rappelant avec ô joie l’époque ‘Summerteeth‘, pop overdubbée donc. L’album de 1999 est invoqué à deux autres occasions : ‘You never know‘ (George Harrison depuis la tombe et Phil Spector depuis la prison approuvent ces choeurs, cloches et guitares qui pleurent…) qui si elle impressionne au début tourne peut être un peu à vide lors d’écoutes répétées, ce titre n’en reste pas moins un superbe moment. Moins toutefois que ‘Sunny Feeling‘, placée en fin de disque, fascinante sur la longueur avec sa mélodie, ses choeurs, sa structure, sa suite d’accords. Une autre bombe à retardement est placée juste avant, ‘I’ll fight‘, idem que plus haut sur un versant plus acoustique. L’ambiance hivernale déprimée de ‘Sky Blue Sky‘ semble loin lors de l’expérimental ‘Bull Black Nova‘, tornade de guitares ludiques, de questions réponses, avant un final en spirale et Tweedy de hurler, autrement plus réussi que les tentatives ronflantes de ‘A ghost is born‘. A ce moment tarabiscoté, Wilco juxtapose la sucrerie ‘You and I‘, duo printanier avec Feist rappelant le ‘Songbird‘ d’Oasis. Le lyrisme de ‘Yankee Hotel Foxtrot‘ est palpable sur ‘One Wing‘, joli crescendo, superbe solo qui invite au recueillement, typique du groupe et une envolée finale qui prouve qu’avec une seule aile, on s’en sort mieux qu’en Airbus transatlantique. L’acoustique ‘Solitaire‘ offre un arpège sous mixé, la voix toujours superbe de Tweedy doublée et des arrangements délicats. Un travail intéressant est aussi présent sur la construction tout en start-stop de ‘Deeper Down‘ et son solo médiéval. Si ce n’était sa légère carence en âme, ‘Wilco (the album)‘ serait le candidat parfait au titre de disque de l’année 2009 (année qui ne nous pas franchement gâté jusqu’ici) mais, en comparaison du titanesque passé du groupe, il semble difficile de voir plus dans cet album qu’un bon petit moment, ce qui est déjà énorme. On continuera à écouter Wilco au-delà de l’été pour lequel ce disque semble être taillé.